Accueil Date de création : 22/03/08 Dernière mise à jour : 04/06/08 16:13 / 19 articles publiés
 

• Partie 9 • Naya • Illusions d'amour  posté le dimanche 20 avril 2008 10:54

 

 

Je regarde Colleen et Kasey qui discutent des modèles de la collection. Ils ne m'ont pas vu entrer dans la salle de réunion et j‘en profite pour les observer sans me faire remarquer. Les autres mannequins engagés par Kasey sont là aussi, mais je n'ai d'yeux que pour Colleen. Pitié, que quelqu’un vienne m‘en coller une pour que je me ressaisisse! Je lui en veux, je le sais. J'ai encore cette rage au fond du cœur que je contiens depuis trop longtemps. Je lui en veux, oui, mais bon sang... elle m'attire! Elle sourit et ses yeux pervenche s'illuminent. Elle est penchée sur les croquis et je me surprends à la détailler avec envie. Mon regard glisse sur son dos, ses hanches... Je vérifie que personne ne me voit reluquer avec avidité mon ex-fiancée... et je m’aperçois qu’il y a désormais six paires d’yeux rivés sur moi. Pour la discrétion, je crois que c’est foutu! Autant assumer ma réputation de Playboy, j’adresse un sourire charmeur à chacune des grandes filles minces et racées qui me fixent avec de grands sourires ravis. Les prédateurs sont de sortie... Je me sens comme une petite proie lâchée dans une cage de fauves! Habituellement, je dois avouer que le prédateur, c’est moi. Mais évidemment, quand on est un des célibataires les plus riches de la planète et pas trop mal fait de sa personne de surcroît, j’imagine qu’il faut bien s’attendre à être traqué de temps en temps.

- Bonjour mesdemoiselles!

Elles me répondent toutes mais seule sa voix parvient vraiment jusqu’à moi...

- Bonjour Kyle!

Elle m’adresse un magnifique sourire, un de ceux qu’elle me réservait autrefois. J’ai des réminiscences. Des images d’elle en train de rire d’une de mes mauvaises plaisanteries...

Elle, assise sur mon lit avec un de mes t-shirt trop large pour son corps si mince, les yeux cernés de rimmel et les cheveux emmêlés... Elle, me disant qu‘elle m‘aime plus que tout... Elle, endormie tout contre moi, mon bras intimement serré autour de sa taille, son visage enfoui au creux de mon cou... Elle, m’embrassant et me murmurant des tonnes de « oui » après que je lui ai demandé de devenir ma femme... Elle, m’annonçant qu’elle me quittait et me rendant la bague... Elle, affichée en première page des journaux à scandales au bras de Desmond... Moi, seul et pitoyable. Enfermé dans le noir absolu de ma chambre dont je n’ouvre plus les volets, allongé dans les draps qui portent encore son parfum, recroquevillé sur moi-même. J’ai pleuré, je ne m‘en souviens que trop bien. Je ne réponds pas à son sourire et me tourne vers Kasey pour lui demander:

- Tu as reçu le carton d’invitation pour un gala qui a lieu samedi soir?

- Non, rien du tout. ment-il en feignant la surprise.

Il n’a jamais su mentir avec conviction et ne saura sans doute jamais, tant mieux pour moi! Je sors ma propre invitation de la poche de mon pantalon.

- Pourtant Lucy l’a déposé sur ton bureau. Enfin, ça n‘a pas d‘importance, j’ai le mien! J’ai confirmé aux organisateurs que nous viendrions, j’étais certain que tu dirais oui. dis-je sur un ton qui n’admet aucune réplique.

- Ah, euh...

Il réfléchit puis son regard devient soudain étrangement lumineux.

- Oui.

Puis il demande avec un sourire faussement innocemment qui me laisse présager qu’il prépare un mauvais coup:

- On peut venir accompagné?

- Oui, pourquoi? Tu comptes amener quelqu’un?

Il se tourne vers Colleen et lui propose avec un grand sourire:

- Mademoiselle Matteson, voudriez-vous m’accompagner à un gala de bienfaisance samedi soir?

Oh non... Elle réfléchit un quart de seconde avant d’accepter.

- Avec plaisir Kasey!

Je lance un regard à mon idiot de meilleur ami qui veut dire: je vais t’arracher la tête, Kasey, meilleur ami ou pas, attends-toi à morfler sévèrement... Je ne m’attarde pas et lance en tournant rapidement les talons:

- C’est parfait alors!

Je referme la porte sans la claquer, et pourtant Dieu sait combien j'en ai envie!

- Sale enfoiré de merde!

Un type qui passe là au même moment écarquille les yeux et me regarde comme si j’étais bon pour l’asile.

- Quoi? je lui demande avec agressivité.

- Euh, rien monsieur Laurens.

- Alors qu’est-ce que vous attendez pour retourner travailler?

Il file aussitôt dans son bureau au bout du couloir. Je soupire lourdement en croisant les bras.

- Fait chier!

Je récapitule: on est vendredi, c‘est la fin d‘après-midi et le gala de bienfaisance a lieu demain soir. Il me reste encore un jour pour me préparer psychologiquement! Depuis ce qui s’est produit dans la salle de réunion mercredi j'évite soigneusement mon crétin d'associé et sa nouvelle recrue qui s'avère également être, par un concours de malchance, mon ex-fiancée. Je regarde l'heure à ma montre: dix sept heures vingt huit. Bon, Tess a du en finir avec son après-midi shopping, je vais lui passer un petit coup de fil, ça me remontera sûrement le moral. C'est bizarre, je n'ai jamais eu de mémoire pour les numéros de téléphone mais je connais le sien par cœur. Je le compose rapidement et j’attends qu'elle décroche.

- Salut Kyle!

- Salut Térésa!

Térésa est le vrai prénom de Tess, elle déteste qu'on l'utilise et en général je m'en sers pour la taquiner.

- Et moi qui étais contente de t'avoir au téléphone! l'entends-je soupirer.

- Désolé petit ange! J'ai un coup de blues.

- Oh? Qu'est-ce qui se passe?

Entendre sa voix inquiète me fait du bien, ça me rappelle qu'il y a quelqu'un qui pense à moi sur cette terre.

- C’est un peu compliqué. Je ne peux pas te raconter dans les détails. J’avais juste besoin d’entendre ta voix.

- D’accord. En tout cas, j’espère que ça s’arrangera. Je ne peux rien faire pour toi?

- Non, malheureusement!

- J’en suis désolée.

- Ne t’en fais pas! la rassuré-je. Au fait, tu as quelque chose de prévu samedi soir?

- Oui, Sam m’a invitée à l’accompagner à une soirée.

Ce « cher » Sam, ça faisait longtemps que je n’en avais pas entendu parler! Enfin, quelques jours tout du moins! Elle passe de plus en plus de temps avec lui, ça a le don de m’agacer prodigieusement. Je n’en montre rien et je feint d’être soulagé et satisfait.

- Tant mieux! Je vais à une soirée moi aussi, et comme j’ai oublié de te prévenir je craignais que tu ne te retrouves seule!

- Non! Heureusement que Sam est là!

Je marmonne entre mes dents « ben voyons... »

- Qu’est-ce que tu dis?

- Hum, rien du tout! Je disais que j’avais du boulot... C’est tout!

- Ah!

- Ce soir tu vas chez Sam, c’est ça?

- Oui, désolée qu’on ne puisse pas manger tous les deux.

- Je comprends, ne t’en fais pas! Allez, je dois te laisser.

- D’accord. Bon courage! Je t’adore!

Je repose doucement mon portable sur le bureau. Un sensation de vide intense m’envahit. C’est comme ça depuis quelques semaines. Je dois bien l’admettre, je me sens seul. Terriblement seul. Sans même m’en rendre compte je me mets à arpenter mon bureau en faisant les cent pas. Soudain j’entends un bruit de talons. Je me retourne brusquement. J’aurais dû m’en douter, c’est Colleen. Résultat de mes efforts pour l’esquiver depuis deux jours: zéro. Le regard qu’elle pose sur moi est teinté d‘inquiétude et de tristesse..

- C’est nouveau, on entre dans mon bureau sans frapper maintenant? lui dis-je d’un ton agressif.

- J’ai frappé...

- Oh... Je n’ai pas entendu. je balbutie en passant ma main droite sur ma nuque.

- Tu es contrarié. affirme-t-elle.

- Quoi?

- Tu te passes la main sur la nuque. Tu fais toujours ça quand tu es anxieux. dit-elle avec un sourire triste.

Je retire brusquement ma main et croise les bras.

- Qu’est-ce que tu veux, Colleen?

Elle s’approche de moi. Je m’interdis de reculer et on se retrouve à quelques centimètres l’un de l’autre.

- Je voudrais qu’on parle.

Je la regarde dans les yeux mais je ne réponds pas.

- Tu comptes faire ça jusqu’à ce que je parte?

Technique numéro une: faire semblant de ne pas savoir de quoi elle parle...

- Faire quoi?

- M’éviter!

Technique numéro deux: nier et s’entêter tout en sachant pertinemment que c’est perdu d’avance...

- Qu’est-ce qui te fait croire que je t’évite?

Elle a une expression qui veut clairement dire qu’elle trouve que j’ai du culot de dire ça.

- Eh bien, par exemple, en me voyant hier matin tu t’es engouffré à toute vitesse dans un ascenseur qui était sur le point de se fermer! Ta veste s’est même retrouvée coincée entre les portes! s’exclame-t-elle en mettant les poings sur ses hanches.

Technique numéro trois: céder quand on a compris qu’on ne pourra pas fuir la discussion...

Je concède en soupirant:

- Bon d’accord, je t’évite! Mais qu’est-ce que ça peut faire?

- J’en suis malheureuse! s’écrie-t-elle.

Ses yeux se remplissent de larmes... Oh, non! Je n’ai jamais su faire face à une femme en pleurs...

- Que... Colleen...

Mon éloquence me sidère... Brillant, Kyle, vraiment! Et toi qui te targue de savoir parler aux femmes!

- J’aimerais tellement que tu arrêtes d’être aussi froid avec moi. Que tu le crois ou non j’ai changé! Je ne suis plus la Colleen que tu as connu il y a quelques années et j’aimerais que tu le vois! Mais comment le pourrais-tu si tu continues à m’éviter constamment?

Elle sanglote contre ma chemise et moi je suis là, les bras ballants comme un parfait idiot. Suis-je prêt à mettre mon scepticisme et mon cynisme de côté? Elle dit qu’elle a changé... Et si c’était vrai? Moi aussi, j’ai changé. En bien ou en mal, je ne sais pas, mais c’est indéniable. Je ne suis plus le même. Je soupire en refermant mes bras sur elle et je pose mon menton sur sa tête. Je lui murmure:

- Je t’en prie, ne pleure pas...

Mine de rien, je réalise que ce n’est pas désagréable de la tenir à nouveau contre moi. Je respire son parfum qui me rappelle tant de souvenirs. Posant les mains sur ses épaules, je l’écarte doucement de moi. Elle me regarde dans les yeux et je sens mes résolutions fondre comme neige au soleil. Finalement, je ne sais pas vraiment comment, mais sans m’en rendre compte mes mains se mettent à glisser sur ses épaules et ses bras en une lente caresse. Elle ferme les yeux et je penche la tête pour poser mes lèvres sur les siennes. C’était sensé être tendre, pour la réconforter... Je dis bien « sensé » parce qu’au bout d‘un moment, elle se met à se frotter avidement contre moi et je ne peux pas m’empêcher de promener mes mains sur elle! Je ne comptais pas spécialement en arriver là mais bon sang! Qu’est-ce qu’elle peut être provocante, je l’avais presque oublié! Elle gémit et je profite de sa bouche entrouverte pour y glisser ma langue. Elle m’attrape par le col de ma chemise et je la soulève dans mes bras jusqu’au bureau. Ce bureau sur lequel je la dépose tandis qu’elle déboutonne ma chemise de ses mains agiles. Ma chemise et son top finissent au sol à quelques pas de nous. Elle commence à défaire la boucle de ma ceinture et déboutonne mon pantalon. Je sens son souffle contre mon cou qu’elle embrasse. Mes mains caressent la peau douce de sa poitrine, rapidement remplacées par ma bouche. Je souris en me souvenant qu’elle n’a jamais jugé utile de porter un soutien-gorge. Elle caresse ma nuque pendant que je l’allonge sur le bureau avec moi, dégageant d’un geste brusque tout ce qui se trouve dessus. Qu’est-ce que j’ai pu rêver de cet instant... Ce moment où elle reviendrait vers moi, et que l’on se retrouverait comme avant. « Illusion! Ce n’est qu’une illusion... » me murmure ma conscience. Et alors? Je ne suis plus capable de réfléchir, je ne pourrais pas m’arrêter! Je déboutonne son jean et entreprends de le lui retirer délicatement... sauf que je suis un peu trop excité pour être doux! Je peste mentalement contre ces jeans ultra moulants qui sont à la mode, ils sont vraiment durs à ôter! Ah! Ca y est! Elle n’a plus qu’un string en dentelle noire sur elle. Ma conscience tente un vague rappel à la réalité «Qu’est-ce que tu fais, Kyle?». Je ne sais pas vraiment ce que je fais, mais ce qui est sûr c’est que c’est sacrément bon! Je caresse la cuisse de Colleen qui ferme les yeux et soupire de bien-être. Soudain, elle se fige dans mes bras et murmure:

- On a frappé à la porte.

- Hein?

- On a frappé à la porte! dit-elle un peu plus fort en se dégageant fermement.

Ca ferait franchement douteux si on me trouvait allongé sur mon bureau avec mon ex à moitié à poil. Je lui jette un coup d'oeil à la dérobée et je me souviens qu’une des choses que j’avais toujours aimé chez elle, c’était ces choix en matière de sous-vêtements. Elle me lance un regard désespéré pour me rappeler la situation dans laquelle on se trouve et je réagis brusquement. Je ne crois pas m’être jamais rhabillé aussi vite de ma vie. Visiblement la personne derrière s’impatiente et ses coups se font plus bruyants. Colleen ramasse en quatrième vitesse les papiers et les crayons que j’ai fait tomber tout à l’heure. Puis elle s’assoit dans un des fauteuils, l’air de rien. Je me racle la gorge bruyamment et c’est d’une voix un peu trop rauque à mon goût que j’autorise la personne à entrer. La personne en question, c’est Kasey qui débarque avec un grand sourire, qui s’efface rapidement pour laisser place à une expression plus que perplexe. Il regarde d’abord Colleen, recroquevillée dans un fauteuil. Elle pique un fard et baisse les yeux.

- Qu’est-ce... Hum. Qu’est-ce que tu veux Kasey? je demande en essayant de prendre un air décontracté.

- Kyle, je... commence-t-il en se retournant vers moi.

Il me fixe pendant quelques secondes et penche la tête avec un demi-sourire.

- Ta braguette est ouverte.

Et merde...

- Ah, zut alors... fais-je en refermant la braguette en question.

Je jette un rapide coup d’œil à Colleen, elle a l’air en train d’agoniser dans le fauteuil.

- Colleen? je commence d’une voix douce. Tu peux y aller.

- D’accord! s’exclame-t-elle en se relevant d’un bond, visiblement trop heureuse de saisir la perche que je lui tends.

A ma grande surprise, elle m’embrasse sur la joue avant de sortir.

- A plus tard. me murmure-t-elle.

Elle sourit timidement à Kasey et s’en va le plus rapidement possible.

- J’ai interrompu quelque chose, peut-être? demande ce dernier avec un sourire pervers.

- Si tu savais! je souffle en me laissant tomber dans le fauteuil que Colleen occupait.

- Justement, je ne sais pas! Mais j’imagine très bien la scène que je viens de foutre en l’air!

- Merci, lui dis-je d’un seul coup.

- Hein ? Attends, attends! Tu allais t’envoyer en l’air avec Colleen, je vous interromps et tu me remercies?

- Je ne suis pas sûr... Je n’ai pas réfléchi. je murmure en me prenant la tête entre les mains.

- Ah... se contente-t-il de dire en approchant le deuxième fauteuil du mien pour s’y asseoir. Il met une main sur mon épaule et je soupire.

- Tu ne sais pas où tu en es.

- Non. Plus du tout. Je pensais la détester, c’était facile. Mais maintenant...

-Tu as envie d’elle.

Je hoche la tête.

- Il faut que tu fasses une différence entre sentiments réels et simple désir, Kyle.

- Ca s’est terminé de façon tellement étrange entre elle et moi.

- Comme si ça ne finissait pas vraiment.

- Oui et maintenant...

- Elle est de retour. fait-il sur un ton de voix de bande annonce.

Je me sens sourire.

- Ouais et avec des armes redoutables, tu peux me croire! dis-je en fermant les yeux au souvenir de ce microscopique string en dentelle que j’aurais pu lui retirer si...

Kasey me met une tape dans le dos en me souriant gentiment.

- Allez, remets-toi! Tu auras d’autres occasions! Par contre, évitez de faire ça ici, imaginez si vous êtes surpris en train de ... enfin tu vois! fait-il en dodelinant de la tête.

- Hum. Qu’est-ce que tu voulais au fait?

Il se frotte le menton.

- J’ai oublié...

- Tu rigoles? je lui demande en écarquillant les yeux.

- Euh... non. Mais ça va me revenir! se dépêche-t-il d'ajouter en apercevant le regard meurtrier que je lui jette. Peut-être plus tard. Hum, je repasserais!

- Attends!

- Oui?

Je me frotte la nuque.

- Est-ce que...

- Tu veux que Colleen t’accompagne au gala de demain soir, c’est ça? me demande-t-il avec un sourire compréhensif.

Des fois, sa perspicacité m’épate! Je hoche la tête et il fouille dans la poche de sa veste de costume pour prendre son portable et me le lance sur les genoux.

- Son numéro est là-dedans. Prends-le et préviens-la que tu passeras la chercher.

- Merci! lui dis-je en m’exécutant.

Je lui relance son portable qu’il attrape au vol avec un sourire.

- Ne me remercie pas.

Il s’arrête brusquement de sourire et me demande avec un air sérieux:

- Kyle, je peux être franc avec toi?

- Bien entendu.

- Je ne suis pas persuadé que vous remettre ensemble soit la meilleure chose à faire. Enfin, je dis ça mais au fond tout ce que je souhaite c’est que tu sois heureux, parce que t’es mon meilleur ami. Le problème, c’est que je t’ai déjà suffisamment vu souffrir à cause de Colleen... Les erreurs du passé ont souvent tendance à se répéter, alors réfléchis bien.

- Ne t’en fais pas. Merci du conseil.

- De rien. Et...

Soudain il tend les deux mains vers moi, index pointés vers moi, un grand sourire vainqueur sur le visage.

- Je viens de me souvenir de ce que je voulais te dire!

- Ah!

- Je voulais m'excuser d'avoir fait revenir Colleen dans ta vie, mais il est possible que ça ne finisse pas si mal que ce qu'on croyait alors mes excuses sont devenues inutiles!

Je lui souris.

- Ouais!

Je me lève pour récupérer ma veste qui est restée sur mon siège et mettant un bras autour de l’épaule de Kasey je lui propose:

- Ca te dit d’aller boire un verre avant de rentrer chez nous?

- Et comment!

Deux heures plus tard je suis chez moi, tranquillement allongé dans mon canapé. Je réfléchis à ce qui s’est passé avec Colleen et Je suis partagé entre mon envie de me remettre avec elle et ma peur de voir ce qui s’est produit il y a deux ans arriver à nouveau. Je ne veux plus être pris pour un idiot, c’est là ma seule certitude. Elle dit qu’elle a changé. Pourquoi ne pas le vérifier, avec certains avantages en prime? J’ai un frisson en repensant à la scène de tout à l’heure. Je me redresse brusquement en entendant qu’on sonne. Je n’attends personne pourtant. Tess n’est même pas là! Ca doit être Kasey, ça lui arrive de passer chez moi de temps en temps quand il s’ennuie.

- Kas... je commence en ouvrant la porte pour découvrir qu’il ne s’agit pas de mon meilleur ami.

- Salut!

- Colleen! Qu’est-ce que tu fais ici? je demande avec un sourire incertain.

- J’avais envie de te voir.

Elle me fait un sourire timide. Mouais, je ne vais pas me laisser avoir comme ça. Je ne sais pas ce qu’elle est venue chercher mais à mon avis je ne vais pas être déçu! .

- Tu veux entrer? je lui propose en m’effaçant pour la laisser passer.

Elle n’hésite pas une seconde et pénètre dans mon appartement, les mains dans le dos et la mine réjouie. Je l’aide à retirer sa veste et la pose sur le porte-manteau de l’entrée. Elle passe de sa propre initiative dans le salon sans que j’ai le temps de dire « ouf ».

- C’est joli, mais c’est le bazar! remarque-t-elle.

- Tu es venue pour commenter ma façon de tenir une maison? je lui demande en haussant un sourcil, ironique.

- Non.

Elle n’en dit pas plus mais je crois que je commence à comprendre, le regard qu’elle pose sur moi est plutôt éloquent.

- Ah! dis-je simplement.

Je ne suis pas hypocrite, je ne fais pas semblant de ne pas comprendre et je n’ai pas envie de nier... Je la prends par la main et je l’emmène avec moi dans la chambre. J’ai à peine le temps de refermer la porte d’un coup de pied qu’elle se jette sur moi pour me clouer sur le lit...



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