Depuis le départ de Tess et de mes invités dimanche matin très tôt, je passe mes journées à me détendre, en me prélassant près de la piscine et en faisant de petites ballades en ville, pour voir les bons coins, la plage, les musées, trois journées que j’ai bien rempli car depuis mon arrivée je n’ai pas eu le temps de le faire, et, avec ce temps c’est si agréable, on a un soleil sans nuage et l’eau est bonne, j’ai même réussi à prendre quelques couleurs, et c’est chouette.
Seulement en me mettant devant la glace pour constater que mon bronzage commence à se voir, je me dis, ça y est, c’est le grand jour, celui ou je dois affronter Alexander Redfoot.
Je me lève, il est 9 heures, je suis convoquée pour 11 heures au tribunal, Maria m’a préparé mon petit déjeuner.
-« Bonjour Samantha, bien dormi ? »
-« Oui, merci, en vérité j’ai assez bien dormi, je pensais que mon angoisse serait plus forte que ça ! »
-« Non, ne vous inquiétez pas, ça se passera bien, je sens ses choses là, vous savez ! »
-« Je vous crois, mais je ne serai fixée que lorsque tout ça sera bel et bien terminé ! »
-« Je vous comprends. Il y a quelque chose que je puisse faire pour vous aujourd’hui ? »
-« Non faites ce que vous avez à faire, mais merci. »
-« Vous êtes sûre ? »
-« Oui, merci. »
-« Oh ! J’allais oublier, John et William m’ont demandé de vous dire quand je vous verrai, s’ils pouvaient nettoyer la piscine, comme vous vous baignez souvent ces derniers jours, ils préfèrent vous le demander auparavant ? »
-« Combien de temps cela prendra-t-il ? »
-« Ils m’ont dit, trois jours je crois, un pour la vider, un pour la nettoyer et un pour la remplir. »
-« Quand l’ont-ils fait pour la dernière fois ? »
-« Un peu avant votre arrivée, à la saison dernière, ils la nettoient deux fois l’an. »
-« Ca nous pousse jusqu’a vendredi soir, je ne suis pas là de la journée, demain j’aide Nathan et vendredi je fais les magasins avec Tess, donc, oui qu’ils le fassent. Mais pourquoi ne sont-ils pas venus me le demander ? »
-« Ils n’arrivent qu’à 14 heures le mercredi. Et hier en fin d’après-midi vous n’étiez pas rentrée. »
-« Ah ! Oui c’est vrai, j’avais oublié. Merci pour ce petit déjeuner, mais je ne veux pas être en retard, alors je file me préparer. »
-« Bien. »
Je monte, et prend une douche puis sort un des nouveaux tailleurs que j’ai acheté ce week-end avec Maria et Tess, et mets également ma nouvelle paire d’escarpins. Il est 10 heures, parfait, il me faut une demi-heure pour arrivé et je veux être en avance pour parler avec Watts et Turner avant le témoignage pour qu’ils me briefent comme prévu.
-« Maria, je suis prête, j’y vais. A ce soir! Je vous appelle pour vous tenir au courant. »
-« Très bien, soyez détendue, tout ira bien. »
J’arrive au tribunal, l’intérieur et immense et je ne sais pas où il faut aller, personne dans le hall pour m'a renseignée mais heureusement je suis à l’heure et même légèrement en avance. Mon téléphone sonne.
-« Allô ! »
-« Samantha, c’est Tucker Watts ! »
-« Je voulais simplement vous dire de m’appeler quand vous serez arrivée car le tribunal est un vrai labyrinthe. »
-« C’est drôle, c’est ce que j’étais en train de me dire. »
-« Vous êtes là ? »
-« Oui je viens tout juste d’arriver. »
-« Très bien ne bougez pas je viens vous chercher, vous êtes dans le hall ? »
-« Oui devant le plan du tribunal. »
-« Bien, j’arrive ».
Watts mit presque cinq minutes avant de me rejoindre, et pour dire la vérité, je commence à m’inquiéter, peut-être sachant que j’allais arriver, Redfoot a peut-être tenté quelque chose.
-« Excusez-moi pour cette attente, je me suis moi-même perdu. »
-« Ce n’est rien. »
-« Nous allons prendre l’ascenseur, c’est plus sûr pour arriver, je serai capable de me perdre à nouveau, pourtant je pensais connaître ce tribunal comme ma poche maintenant, et je vois que j’avais tort. »
-« oui. »
-« Vous semblez anxieuse ? »
-« Oui, un peu je l’avoue. »
-« Ne vous en faite pas, ça se passera bien, je suis là pour ça, en autre il y à Miles et d’autres policiers. »
-« Je sais, c’est le revoir qui me fait peur. »
-« Je comprends. Bon pour que vous pensiez à autre chose, je vous fait un petit briefing. Mais normalement je n’ai pas le droit de vous dire quoi que ce soit, alors cela reste entre nous. Je suis venu vous chercher parce que vous devez être escortée d’un policier.»
Watts m’explique comment cela allait se dérouler, ce que je devais dire, jusqu’où il faut que je remonte dans le temps en me contentant de répondre aux questions.
Cependant je ne suis pas prête du tout. On entre dans la salle sans un bruit, et je m’assoie au premier rang, Watts, lui prés de Miles juste derrière moi. Je scrute la salle, il y a un peu de monde, et là je le vois, de dos mais c’est lui ! Je sens mon rythme cardiaque s’accélérer quand Tucker pose sa main sur mon épaule.
-« Respirez, ça va aller. »
-« J’appel à la barre, le témoin Samantha Miller. »
Je me lève mais à présent j’ai peur de faire un malaise. Je ferme les yeux pendant quelques secondes avant d’avancer, et je vois Tess qui sourit sur la glace avec ses patins. Je rouvre les yeux, et me dirige vers le siège face à Alexander.
-« Samantha Miller, jurez-vous de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ? Levez la main droite et dites je le jure.»
-« Je le jure. »
Lorsque je prononce ces mots je regarde fixement Redfoot dans les yeux, je crois même le voir tressaillir face à mon regard, moi qui 30 secondes plus tôt me serais fait pipi dessus face à lui!
Cette image de Tess m ‘insuffle du courage, je me dis qu’elle a surmonté ce qui lui arrivait grâce à son ami Kyle et moi au centre, et aujourd’hui, elle est mon amie et elle me donne sa force pour que moi aussi je surmonte mes peurs et mes problèmes. Je ne sais pas si elle va me croire quand je lui dirai ça !
Mon interrogatoire dure presque 1 heure, mais grâce aux conseils de Watts je sais parfaitement maîtriser les choses et être à la hauteur. Je me demande d’ailleurs encore pourquoi il m’aide tant, je lui poserai cette question plus tard je pense.
Le procès suit son cours, et vers 14 heures, nous faisons une pause déjeuner, durant les délibérations.
-« Agent Watts, j’ai une question. »
-« Je vous écoute. »
-« Pourquoi m’aider autant alors que vous n’êtes pas autorisé à le faire ? »
-« Eh ! Bien, je pense que c’est parce que le début de cette enquête vous avez été très coopérative et que je trouve que vous avez assez souffert, et puis vous êtes l’une des rares personnes a nous inviter à prendre un café. C’est aussi je crois parce que vous êtes fort sympathique. »
-« Ben dis donc Tucker mon vieux, t’aurais 10 ans de moins je penserai que tu dragues la demoiselle. »
-« C’est ce que je pensais moi aussi, agent Turner. »
-« N’importe quoi tous les deux, je suis marié et j’ai des enfants. »
La conversation continue durant deux heures comme ça, comme si nous étions amis et non des policiers et un témoin, jusqu'à ce que le portable de Watts sonne nous indiquant que les délibérations sont terminées et que nous pouvons regagner la salle d’audience.
Pendant notre petite conversation j’en profite également pour appeler Maria et lui faire part de l’avancement des choses.
Le verdict est très bon.
-« Alexander Redfoot, le jury vous déclare pour les chefs d’accusations suivant :
-le meurtre de l’un de vos fils, coupable ;
-la tentative de meurtre sur la personne de Sophia Miller, coupable ;
-le détournement de fond et la manipulation et corruption de personnes étrangères et membres de votre famille, coupable ;
-Le viole de plusieurs femmes dont votre belle fille, coupable ;
Alexander Redfoot, vous avez été jugé coupable pour tous vos chefs d’accusations, je dois à présent me retirer quelques instants pour déterminer votre condamnation. La séance est reportée à 10 heures demain matin. »
Après ces paroles du juge, Watts m’explique ce qui se passe ensuite.
-« Oh, Sam, sois sûre que je me vengerais, ne dors pas sur tes deux oreilles, on ne sait jamais ! » Hurle Redfoot à mon attention en quittant la salle accompagné par quatre policiers.
-« Ne prêtez pas attention à lui Samantha, il ne peut plus rien vous faire à présent. De plus, tous les condamnés disent ça, c’est comme dans les films, des paroles dans le vent. »
-« Oui, Turner à raison. »
-« Oui, mais dans les films c’est pas le même effet, quand on craint quelque chose je crois que c’est à vie. »
-« C’est possible mais si vous saviez le nombre de menaces que nous avons reçu ou entendu, nous ne serions plus là depuis longtemps ! »
Ces paroles de Miles, me rassurent un peu, mais ce n’est pas pour autant que je vais les oublier. Nous prenons la route, en rentrant il était 18 heures, Maria me demande de lui raconter. Vers 19 heures, à son départ je monte me faire couler un bain et préparer mes affaires. Je prends le téléphone pour appeler Tess et lui raconter à elle aussi…
Après une nuit plutôt calme, pourtant je pensais que je cauchemarderai après la menace de Redfoot, je me réveille et m’étire puis me lève pour descendre déjeuner.
En sortant je croise Maria sur le pallier qui se dirige vers la buanderie.
-« Bonjour Maria, comment allez-vous ? »
-« Bonjour, Sam, bien et vous ? Avez-vous passez une bonne nuit ? »
-« Bien merci, oui j’ai passé une bonne nuit à mon grand étonnement, je n’ai fait aucun cauchemar. »
-« Tant mieux me voilà rassurée, je ne suis pas venu vous réveiller de peur que votre nuit soit trop courte. »
-« Ah bon, pourquoi il est tard ? »
-« Oui, la journée et bien avancée déjà. »
-« Quelle heure est-il ? »
-« 12h15. »
-« Quoi vous plaisantez ? »
-« Non, pourquoi. »
-« Mais il est 9 heures à mon réveil. »
Enervée, je me dirige dans ma chambre vers se fichu réveil, suivit de Maria.
-« Ah ! Saleté ! La pile et morte, je l’avais programmé pour me lever au plus tard à 9h30. Je voulais faire des courses avant d’aller aider Nathan au centre. »
-« Donnez-le moi, je vais aller la changer. »
-« Non, merci Maria, je vais investir dans un réveil électronique. »
-« Comme vous voudrez, je suppose que vous ne mangerez pas, alors je vous ai préparé un petit-déjeuner. Il vous attend en bas, si vous n’êtes pas en retard. »
-« Non, je ne suis pas encore en retard, merci je vais descendre tout de suite. »
Je descends prendre mon petit déjeuner devant la télé, histoire de m’informer sur le monde extérieur en regardant les informations. Rien de brillant dans ce flash. Il est 12h45, je monte prendre une douche, Maria et en train de faire le repassage.
A 13h30, étant prête, je porte avec un vieux jeans, un tee-shirt taché de peinture et une paire de bottes. Je préviens Maria de mon départ, et lui dit que je lui passerai un coup de fil si je ne rentre pas dîner.
-« Sam, vous ne trouvez que les bottes ne vont pas trop avec votre tenue ? »
-« Voyons, Maria se sont mes bottes de motard, je prend ma moto, il faut bien la faire tourner un peu, mais ne vous inquiétez pas, j’ai pris une paire de vieilles tennis ! »
-« Vous y allez sur votre engin, ce tas de ferraille ? »
-« Je le reconnaît, elle est vieille, mais c’est ma première moto, celle que j’ai acheter d’occasion avec ma première paye d’assistante avant même de passer le permis alors elle me tiens à cœur. »
-« Elle n’était déjà dans cet état quand vous l’avez achetée ? »
-« Oui. »
-« Jamais je n’aurais acheté un tel engin, surtout dans un état pareil ! »
-« Oui, mais on a pas le choix, on fait avec, et puis elle roule c’est le principal ! »
-« Avant je veux bien, mais vous n’allez pas me dire qu’à présent vous ne pouvez pas vous permettre d’en acheter une neuve ? »
-« Si, mais c’est sentimental ! Autant, je ne pourrais pas me passer d’elle que d’un homme si ! »
Elle rit de bon cœur, cette fois. Je ris et avec elle et lui fais un signe de tête, signe de mon départ. C’est vrai ma moto n’était pas vraiment celle dont on pouvait rêver.
Elle est bleu nuit, parcourue de symboles de couleur or, sa couleur ne m‘a jamais vraiment plu. C'est une moto de ville, mais son moteur et les éléments métalliques couleur argent ont depuis des années laissé place à la rouille bien avant que je ne l’achète. Je l’ai depuis un peu plus d’un an. Bref comme le dit si bien Maria, « une vrai ruine, un tas de ferraille. » Mais je l’aime cette moto et la remplacer me ferai mal au cœur, peut-être que je devrais plutôt la retaper au lieu de m’en séparer.
Enfin ce n’est rien, je file à la vitesse de l’éclair sur mon engin, j’adore sentir le vent plaqué ma combinaison contre mon corps, la vitesse augmenter, donnant l’impression que je vole, ne fait plus qu’un avec le vent. Arrivée au centre, Nathan et devant la porte, je vois qu’il m’observe sans savoir que c’est moi, je me dirige vers la porte et retire mon casque une fois entrée.
-« Sam ! Quelle surprise, jamais je ne t’aurais imaginée derrière un guidon…c’est quoi ce truc? Une moto ? »
-« Ca va, je sais elle ne ressemble plus à rien mais oui c’est une moto ! »
-« Oui et tu as même la combinaison et le casque assortis. »
-« Ben oui, c’était un lot, et puis quand on a pas d’argent, on prend ce qu’il y a, c’est une question de bien-être et pas d’estime. »
-« Bien dit, j’avoue. Mais quand même, toi sur une moto, c’est surprenant. »
-« Oh ! Mais je pourrais bien te surprendre d’avantage. Qui sait ? »
-« Dis donc, jeune fille, je suis marié! Et vous osez me draguer ouvertement. »
-« Oui, et ce n’est pas grave, je ne suis pas jalouse ! »
-« Ne soyons pas stupide je pourrais être ton père. »
-« Mon grand-père tu veux dire ? »
-« Touché ! »
« C’est surtout le fait que tu sois patron, c’est-à-dire que c’est très intéressant pour une fille comme moi, et puis de nos jours le mariage et la différence d'âge n’est plus un problème. »
-« Coulé. Ah ! Sam si tout le monde pouvait être comme toi, tout serait tellement plus simple, je ne peux pas me permettre de plaisanter avec tous mes employés comme ça ! »
-« C’est réciproque, patron. »
-« La vie ne nous a pas fait de cadeau, je crois que c’est pour ça que nous avons un lien particulier, et surtout que nous faisons ce métier. »
-« Oui, c’est possible, je ne te contredis pas, je tiens à ma paye! »
-« Oui, je vois ça vu l’état de tes vêtements et de ton moyen de locomotion, c’est un moyen de demander une augmentation ? »
-« Touché. »
Nous rions ensemble de bon cœur. Nathan est vraiment un homme formidable, comme moi, il a perdu sa famille très jeune. Il n'avait pas un sou en poche, jusqu'à ce qu’il ait de la chance en gagnant à la loterie une somme très modeste, mais avec elle, il a fondé un centre. Ce centre pour les personnes comme lui, en difficultés. Avant de penser à son bien être, il a d’abord pensé à celui des autres. Jeune il était grand, mince, aux cheveux bruns, et le teint un peu pale, des yeux bleus presque identiques aux miens, et un sourire heureux. Aujourd’hui, c’est un homme légèrement plus âgé, ayant conservé les même yeux, mais avec des cheveux blancs, plus petit et laissant apparaître le début d’une petite bedaine. Il a 55 ans, marié avec une femme remarquable aujourd’hui, un de ses premiers et anciens cas sociaux forcément, et trois enfants tournant aux alentours de mon âge. Avec sa femme ils ont tous deux le cœur sur la main. Ils forment vraiment un très beau couple. J’ai eu l’occasion de connaître Miranda, sa femme, lors de soirées organisées au centre. Elle était venue nous donner un coup de main occasionnel au bureau.
Nous discutons du procès pendant une demi-heure peut-être, puis Nathan, m’explique qu’il faut qu’on fasse le plan pour installer les tables, les banderoles, où sera le buffet, les verres, les boissons, enfin tous ce donc nous avons besoin de savoir pour la soirée. Au bout d’une heure et demi, nous sommes enfin d’accord et opérationnels.
Il a décidé de fermer le centre vendredi afin d’accorder les derniers détails et recevoir les commandes, de nourriture dont il se charge avec Miranda et leurs enfants, car chaque année, ils viennent participer à ces événements.
A 18h, tout est fini.
-« Voilà, Sam merci pour ton aide précieuse. »
-« Mais, je suis là pour aider mes amis. »
-« Je sais bien que je pourrais toujours compter sur toi. »
-« Et pareillement, patron. »
-« Bon, on attend plus que samedi avec impatience. Tu peux y aller si tu veux, de toute façon j’y vais aussi. Je ferme la boutique ! »
-« Bien, merci et bon courage pour demain, n’hésite pas à m’appeler si tu as besoin d’aide. »
-« Non, je sais bien que tu dois faire du shopping avec ta nouvelle protégée et amie, Térésa.»
-« Tess, elle déteste qu’on l’appelle Térésa ! Mais, le shopping peut attendre si tu as un souci, tu sais ! »
-« Amuse-toi et arrête de te soucier du boulot. Bonne soirée et à samedi. »
En disant ces mots, il me pousse dehors. J’appel Maria, pour la prévenir de mon retour.
Arrivée, Maria me regarde avec désolation…
Je hurle ces mots en courant vers elle :
-« Maria, que se passe-t-il ? »
Elle sursaute de peur.
-« Rien, pourquoi semblez-vous affoler ? »
-« C’est vous, vous faîtes une drôle de tête, comme si quelque chose venait d’arriver. »
-« Non, je suis désolée de vous voir vêtue ainsi ! »
-« Oh ! »
Ses lèvres affichent un sourire moqueur, je me mets à rire et elle me suit. Le téléphone sonne, je me déshabille dans l’entrée et monte l’escalier, lorsque Maria m’interpelle.
-« Sam, c’est mademoiselle Tess, au téléphone. »
-« Attendez, je la prends dans ma chambre. »
Je lui hurle que j’ai le téléphone en main, et elle part reprendre la préparation de son dîner, pendant que je mets à couler l’eau de mon bain. Je parle avec Tess, elle m’appelle pour savoir comment se passe la journée, et savoir comment on s’y prend pour le shopping.
Je rentre dans mon bain toujours au téléphone -sale habitude- ! On reste au téléphone une bonne heure, s’imaginant dans nos robes de rêves etc… Maria et même venue me prévenir de son départ entre temps.
Une fois que j'ai raccroché, je décide de rester un peu dans l’eau, et vers 19h45 je sors enfin, affamée et curieuse de savoir ce que Maria a préparé!
Ce soir, j’ai droit à mon plat préféré du hachis parmentier. Je m’installe sur le bar de la cuisine et prend le bouquin que j’ai commencé à lire il y a un moment déjà, il ne me reste que deux ou trois chapitres à finir, au début, j’ai du mal à me resituer dans l’histoire puis après une dizaine de minutes, ça va mieux. De nouveau prise dans l’action je finis les 70 pages qui me restaient.
A 21h je pense monter me coucher, mais soudain alors que de la journée je n’y avait pas songé, Redfoot resurgit dans mes pensées. Frissonnante, je me mets le film de Mister Bean pour me divertir, mais je suis obligée d’un mettre un second, j’opte pour M. and Mrs Smith, à 1h du matin j’en mets un troisième toujours obsédée et effrayér, ne voulant pas spécialement voir Johnny a l’écran je finis par regarder les deux big mamma, à présent 4 heures n’ayant plus envie de film, je zappe sur les chaînes du câble et je finis par tomber sur un film interdit au moins de 18 ans. Je me laisse tenter après tout quel mal y a-t-il ?
Je suis réveillée par Maria vers 10h le lendemain matin.
-« Sam, vous devriez aller dormir dans votre lit. »
Je me suis endormie cinq minutes après avoir mis le film pornographique, c'est pour dire à quel point c'était passionnant... Je devrais peut-être en regarder plus souvent si ça peut m’aider à dormir! Cette pensée m'amuse et me donne le sourire.
-« Eh, bien ! Au moins vous avez l’air de bonne humeur. »
-« Oui, quelle heure est-il Maria ? »
-« 10h30. »
-« Parfait, merci de m’avoir réveillée. »
-« Nuit courte ? »
-« Oui et agitée, mais après un bon sommeil. »
-« C’est ce que je vois, vous semblez fraîche comme une rose. »
-« Oui, c’est ça, une rose avec des cheveux en bataille je suppose ? »
-« Non, pas aujourd’hui. »
-« Je vous ai eu, ça veut dire que d’habitude vous trouvez que je suis mal coiffée. »
-« Je vois que vous êtes en forme ! »
-« Oui ! En pleine forme. »
-« Bien dans ce cas votre petit déjeuner est prêt. »
-« Merci, John et William sont-ils arrivé ? »
-« Oui, depuis 10h comme chaque jour. »
-« Bien, merci Maria à tout à l’heure. »
Je m’installe au bar de la cuisine ou j’aime manger mes repas lorsque je suis seule, je regarde le temps, le soleil brille, pas de nuage à l’horizon. Je finis rapidement et sorts sur la terrasse où je cherche mes jardiniers des yeux, j’en vois un et l’interpelle, tout en me dirigeant vers lui.
-« John ! »
-« Bonjour, madame Samantha. »
-« Samantha tout court ou Sam, je me tue à vous le répéter. »
-« Je sais mais c’est par respect. »
-« Bien Monsieur John. »
-« Oh ! Non. »
-« Il n’y a pas respect qui tienne, nous sommes d’un même rang et niveau pour moi, alors s’il vous plait appelez-moi Sam ! »
-« Je vais essayer. »
-« Je voulais vous demander si vous et William aviez fini de nettoyer la piscine ? »
-« La nettoyer, oui, mais elle n’a pas fini de se remplir, elle n’est qu’a un quart. Il va lui falloir toute la journée et sûrement une partie de la nuit, car elle à déjà tournée toute cette nuit. »
-« Très bien, je vois, la mer n’est qu’a 500m d’ici ? »
-« Même pas, je dirai 300m. »
-« Ah ! Pensez-vous que l’eau sera fraîche ce matin ? »
-« Il y a déjà 20 ° à l’ombre et 23° en plein soleil, l’eau sera vers les 15° je pense. »
-« Oui, c’est frais quand même... Merci, saluez William de ma part et si je ne vous revoie pas, bonne journée. »
-« Oui pas de problème, merci vous aussi. »
J’hésite, j’ai vraiment envie de piquer une tête mais 15° c’est la moitié de l’eau habituelle de ma piscine. Finalement, je prends une douche et m’habille et décide d’appeler Marc Hamilton le gérant du Sky palace, mon casino. Mon appel le surprend, car c’est rare, c’est vrai mais je veux savoir comment il va, car au moment du procès nous n’avons pas réellement pus nous parler, ni depuis celui-ci d’ailleurs ! Nous sommes restés une heure et demi au téléphone. Il est déjà midi et demi, je finis de me préparer en vue de mon après-midi shopping avec Tess. En fait, je l’ai appelé car j’avais une idée en tête, je voulais faire plaisir à Tess pour que l’on passe une journée à Las Vegas au Sky palace bien sûr, et je veux lui proposer d’emmener son meilleur ami Kyle, pour que l’on se rencontre enfin, après tout même s’il ne me plait pas même sans le connaître, c’est l’ami de Tess, nous ne pourrons pas nous éviter continuellement. De plus Marc a trouvé cette idée super. Je le reconctacte pour le tenir au courant car tout dépend de Tess à présent, je compte bien lui toucher deux mots cet après-midi entre deux vitrines. Puis, je descends manger un morceau, je regarde les infos et file mettre la touche ultime avant le départ, mes chaussures.
Je passe prendre Tess, et on file dans un centre commercial constitué uniquement de boutiques de luxe. Tess et émerveillée par tout ce qu’elle voit encore une fois.
-« Sam, comment veux-tu que je paye quelque chose ici ! »
-« Qui te dit que tu vas acheter quoi que se soit. »
-« Quoi ? »
-« Les robes, j’en fais mon affaire ! »
-« C’est totalement hors de question, déjà je n’ai pas vraiment apprécié le coup des patins, alors la robe tu n’y penses même pas ! »
-« Tant pis tu mettras une guenille à toi qui traîne. »
-« Non, mais je ne te permets pas ! Mes robes ne sont pas toutes des guenilles. »
-« Mais, tu en as, tu vois ! »
-« Toi non, peut-être ? »
-« Plus vraiment maintenant, mais en fait aujourd’hui j’aime bien que l’on ne regarde que moi dans mes robes haute couture, car les femmes qui sont à ces réunions sont des snobinardes, tu peux pas t’imaginer! De toute façon tu verras demain. »
-« Ah ! Je vois ! Mais ne change pas de sujet, je ne veux pas que tu paye ma robe, j’irai même nue s’il le faut, ou je ne viens pas après tout ! »
-« D’accord, je suis désolée si je t’ai froissée! Je plaisantais. Je t’en prie accompagne-moi, ne me laisse pas toute seule entre leurs griffes ! »
-« Ah ! Tel est pris qui croyait prendre ! »
-« Touché ! »
-« Enfin ! »
-« Bravo, bien joué ! Bon écoute je te propose un deal. »
-« Lequel? »
-« On fait 75-25. »
-« Il n’en est pas question ! »
-« Très bien, mais si tu refuses, je te payerai autre chose à ton insu comme pour les patins ! »
-« C’est bon je capitule ! »
-« Super, alors c'est parti pour le shopping! »
Au bout de trois heures, aucune de nous n'a eut un déclic quelconque pour une robe. Pourtant nous en avons essayer des tas, rouge, bleu, noir, dorée, verte, elle sont soit sexy, classe, glamour mais rien à faire!
Quand, soudain nous passons devant une vitrine et une robe me saute aux yeux. Une robe Gucci en satin noir, elle est longue, avec une ouverture à mi-cuisse du côté droit, jusqu’aux pieds, le col en V, et le dos ouvert, relié en lacets jusqu’au bas de celui-ci, et les bretelles assez fines. Je pense même avoir les chaussures qui iront avec cette robe.
-« Alors ça y est tu as trouvé ? Ça fait cinq minutes que tu regardes cette vitrine sans rien dire !»
-« Quoi ? »
-« C’est la robe que tu veux ? »
-« Oui, j’en suis sûre ! »
Je rentre dans la boutique, suivie de Tess.
-« Bonjour, Mesdames, je suis Tony, votre hôte, puis-je vous aider ? »
-« Oui, je veux le robe qui est en vitrine. »
-« Je vois, taille 38, si je ne m’abuse ? »
-« Oui ! »
-« Ces vendeurs, on voit qu’ils ne font que ça toute la journée. »
-« Je suis d’accord avec toi, Tess, mais ça m’épatera toujours ! »
-« Voilà. Mesdames si vous voulez me suivre vers les cabines. »
-« Oui, tout de suite. »
Arrivée dans la cabine mon cœur bat si vite qu’on croirait qu’il va s’arrêter, et tout ça pour une robe, c’est du n’importe quoi! C’est la première fois que cela m’arrive. Quand je le prends dans mes mains, elle est d’une douceur, et d’une légèreté, j’ai l’impression d’être nue. Je sort de la cabine pour me voir dans le miroir, et soudain je prends conscience qu’elle ne me va pas du tout.
-« Sam, tu es magnifique ! »
-« Sans vouloir, vous vexer mesdames, moi je ne trouve pas ! »
-« Non, mais elle ne plait pas non plus. »
-« Non, mesdames, ce que je veux dire, c’est que la coupe est parfaite sur vous, mais avec votre peau halée, c’est la couleur qui ne va pas. Tony revient! »
Et deux minutes plus tard, en effet il été là. Il revient avec la même robe mais de couleur turquoise comme mes yeux.
-« Essayez celle-la. »
Je retourne en cabine, mais légèrement moins enthousiaste que la première fois, c’est la même robe mais ce n’est pas pareil pour autant. Je sors à nouveau pour regarder le résultat mais sans grande conviction. Et pourtant cette fois, je suis stupéfaite, pas un mot, juste des regards ébahis, même les autres clients du magasin cesse leurs occupations pour m’admirer.
-« C’est grandiose, magnifique, une vraie poupée, vous êtes parfaite ! »
-« Tu es splendide, Sam »
Je n’aurais pas dit mieux. Je suis vraiment une femme superbe dans cette robe, je savais bien qu’elle avait quelque chose.
-« Bon ce n’est pas tout, mais avant de tomber encore plus en extase devant cette sublime demoiselle, qui me ferai battre le cœur si je n’avais pas mon Julio, passons à la deuxième sublime jeune femme qui l’accompagne. »
Mais au moment ou Tess s'apprête à refuser, ses yeux se posent sur LA robe.
-« Je vois, je suis votre regard et je suis partant ! Vous me donnez carte blanche ? »
-« Après ce que vous avez fait pour mon amie ! Absolument. »
-« Bien, Tony est là pour vous mes chéries . »
La robe de Tess, est plus courte que la mienne, elle arrive juste en dessous du genou, bouffante mais pas trop, du bassin au genou et le haut ressemble à celui d’un top, avec une ouverture en V elle aussi, de très fines bretelles, moulant tout le buste. Tony avait choisit une couleur chocolat.
Elle était à couper le souffle, nous sommes à couper le souffle! Je règle, laissant à Tony un très bon pourboire pour ses conseils hors paire, malgré le prix exorbitant de nos robes. Mais croyez-moi ça en vaut la peine, puis on rentre à la maison avec nos tenus et accessoires complets.
-« Tess tu as quelque chose de prévu ce soir ? »
-« Non, pourquoi ?
-« Tu ne veux pas rester ? »
-« Euh…Eh, bien ! »
-« S’il te plait, je me sentirais plus rassurée. »
-« C’est que je voulais faire la surprise à Kyle de passer le voir. »
-« Oh ! Tant pis! On mange et je te ramènerais. »
-« Ca ne va pas ? Arrête tu me fais culpabiliser. »
-« C’est juste que j’ai passé une très mauvaise nuit, et… »
-« C’est bon n’en dis pas plus, je reste. Je veux être là pour toi, comme tu l’as été ces derniers temps pour moi, et Kyle va bien en ce moment donc pas de raison de s’inquiéter. »
-« Merci, Tess c’est super. »
Nous mangeons, discutons jusque tard dans la nuit, puis allons nous coucher dans le patio de la piscine sur le canapé-lit en regardant les étoiles. Endormies paisiblement jusqu'au lendemain matin réveillé par les caresses des rayons du soleil qui envahissent la pièce.
Notre journée est des plus banales, on se lève et on déjeune. La piscine est presque remplie, on se fait bronzer pour la soirée durant toute la journée puis vers 19h00, on monte se bichonner. La soirée est prévue pour 20h30.
A 20h15, on se rejoint dans le hall, Tess dans sa robe chocolat, avec les chaussures assorties et un voile vert anis sur les épaules, ainsi que le sac à main rappel de la couleur verte de ses yeux. Et moi dans ma robe turquoise, avec mes chaussures assortis, mais le sac et le voile dorés.
-« Pour ce soir, Tess, nous avons chauffeur avec limousine. »
-« Sam, si tu n’étais pas une fille, je t’épouserai ! »
-« Oui, c’est ma stratégie. Ensuite je te conduis dans une chapelle à Vegas pour t’épouser. »
-« Ah ! Vegas, j’en rêve! »
Nous rions, et à ce moment, je pense que j’ai totalement oublié de lui parler de mes projets à Vegas, mais étant donné sa réponse, ce sera une surprise. Lors de notre arrivée, comme nous le pensions, les regards convergent sur nous, et le silence règne dans la salle. Je prends Tess par la main et nous dirige vers Nathan et Miranda. Je fais les présentations, et tout le petit monde reprend ses activités, je salue le reste des invités , les enfants de mon patron et présente Tess, en tant qu’amie et non comme une cliente, si je puis dire !
La soirée est parfaite pendant environ trente minutes jusqu'à ce que j’aperçoive un visage familier, mais pas forcément amical.
Une jeune femme vient de
faire son entrée au bras de son prétendant. Elle
porte une robe violette pailletée ultra-moulante, courte et
décolletée, pour que l’on ne voit
qu’elle, certainement. Ses longs cheveux noirs sont
lâchés et un peu frisés. Elle est
maquillée comme un pot de peinture et probablement autant
parfumée! Elle est accompagnée de deux hommes
déjà plus distingués, celui qu’elle
tient par le bras porte un costume noir avec une chemise rouge,
tout ça avec une classe sans égale et pourtant je le
trouve déjà trop macho et trop sûr de lui. Et
dieu seul sait pourquoi mais ce genre d’homme ne me laisse
pas indifférente. L’autre porte un pantalon de costume
noir et un T-shirt blanc col en V, déjà plus
décontracté et séduisant à mon
goût.
Je glisse à l’oreille de Tess:
-« c’est Colleen, une de mes adversaires du mannequinât et l’autre avec elle, ce doit être son fiancé dont elle parle depuis des années, et l’autre type un associé et sûrement amant de cette garce ! »
Elle me sourit, mais semble gênée. Soudain, le Playboy nous voit et son visage s’illumine, ainsi que celui de Colleen et ils se dirigent vers nous, mais aucun moyen de fuir, l’affront est inévitable…