Accueil Date de création : 22/03/08 Dernière mise à jour : 04/06/08 16:13 / 19 articles publiés
 

• Partie 10 • Jordane • Le procès  posté le dimanche 20 avril 2008 10:55

 

Depuis le départ de Tess et de mes invités dimanche matin très tôt, je passe mes journées à me détendre, en me prélassant près de la piscine et en faisant de petites ballades en ville, pour voir les bons coins, la plage, les musées, trois journées que j’ai bien rempli car depuis mon arrivée je n’ai pas eu le temps de le faire, et, avec ce temps c’est si agréable, on a un soleil sans nuage et l’eau est bonne, j’ai même réussi à prendre quelques couleurs, et c’est chouette.

Seulement en me mettant devant la glace pour constater que mon bronzage commence à se voir, je me dis, ça y est, c’est le grand jour, celui ou je dois affronter Alexander Redfoot.

Je me lève, il est 9 heures, je suis convoquée pour 11 heures au tribunal, Maria m’a préparé mon petit déjeuner.

-« Bonjour Samantha, bien dormi ? »

-« Oui, merci, en vérité j’ai assez bien dormi, je pensais que mon angoisse serait plus forte que ça ! »

-« Non, ne vous inquiétez pas, ça se passera bien, je sens ses choses là, vous savez ! »

-« Je vous crois, mais je ne serai fixée que lorsque tout ça sera bel et bien terminé ! »

-« Je vous comprends. Il y a quelque chose que je puisse faire pour vous aujourd’hui ? »

-« Non faites ce que vous avez à faire, mais merci. »

-« Vous êtes sûre ? »

-« Oui, merci. »

-« Oh ! J’allais oublier, John et William m’ont demandé de vous dire quand je vous verrai, s’ils pouvaient nettoyer la piscine, comme vous vous baignez souvent ces derniers jours, ils préfèrent vous le demander auparavant ? »

-« Combien de temps cela prendra-t-il ? »

-« Ils m’ont dit, trois jours je crois, un pour la vider, un pour la nettoyer et un pour la remplir. »

-« Quand l’ont-ils fait pour la dernière fois ? »

-« Un peu avant votre arrivée, à la saison dernière, ils la nettoient deux fois l’an. »

-« Ca nous pousse jusqu’a vendredi soir, je ne suis pas là de la journée, demain j’aide Nathan et vendredi je fais les magasins avec Tess, donc, oui qu’ils le fassent. Mais pourquoi ne sont-ils pas venus me le demander ? »

-« Ils n’arrivent qu’à 14 heures le mercredi. Et hier en fin d’après-midi vous n’étiez pas rentrée. »

-« Ah ! Oui c’est vrai, j’avais oublié. Merci pour ce petit déjeuner, mais je ne veux pas être en retard, alors je file me préparer. »

-« Bien. »

Je monte, et prend une douche puis sort un des nouveaux tailleurs que j’ai acheté ce week-end avec Maria et Tess, et mets également ma nouvelle paire d’escarpins. Il est 10 heures, parfait, il me faut une demi-heure pour arrivé et je veux être en avance pour parler avec Watts et Turner avant le témoignage pour qu’ils me briefent comme prévu.

-« Maria, je suis prête, j’y vais. A ce soir! Je vous appelle pour vous tenir au courant. »

-« Très bien, soyez détendue, tout ira bien. »

J’arrive au tribunal, l’intérieur et immense et je ne sais pas où il faut aller, personne dans le hall pour m'a renseignée mais heureusement je suis à l’heure et même légèrement en avance. Mon téléphone sonne.

-« Allô ! »

-« Samantha, c’est Tucker Watts ! »

-« Je voulais simplement vous dire de m’appeler quand vous serez arrivée car le tribunal est un vrai labyrinthe. »

-« C’est drôle, c’est ce que j’étais en train de me dire. »

-« Vous êtes là ? »

-« Oui je viens tout juste d’arriver. »

-« Très bien ne bougez pas je viens vous chercher, vous êtes dans le hall ? »

-« Oui devant le plan du tribunal. »

-« Bien, j’arrive ».

Watts mit presque cinq minutes avant de me rejoindre, et pour dire la vérité, je commence à m’inquiéter, peut-être sachant que j’allais arriver, Redfoot a peut-être tenté quelque chose.

-« Excusez-moi pour cette attente, je me suis moi-même perdu. »

-« Ce n’est rien. »

-« Nous allons prendre l’ascenseur, c’est plus sûr pour arriver, je serai capable de me perdre à nouveau, pourtant je pensais connaître ce tribunal comme ma poche maintenant, et je vois que j’avais tort. »

-« oui. »

-« Vous semblez anxieuse ? »

-« Oui, un peu je l’avoue. »

-« Ne vous en faite pas, ça se passera bien, je suis là pour ça, en autre il y à Miles et d’autres policiers. »

-« Je sais, c’est le revoir qui me fait peur. »

-« Je comprends. Bon pour que vous pensiez à autre chose, je vous fait un petit briefing. Mais normalement je n’ai pas le droit de vous dire quoi que ce soit, alors cela reste entre nous. Je suis venu vous chercher parce que vous devez être escortée d’un policier.»

Watts m’explique comment cela allait se dérouler, ce que je devais dire, jusqu’où il faut que je remonte dans le temps en me contentant de répondre aux questions.

Cependant je ne suis pas prête du tout. On entre dans la salle sans un bruit, et je m’assoie au premier rang, Watts, lui prés de Miles juste derrière moi. Je scrute la salle, il y a un peu de monde, et là je le vois, de dos mais c’est lui ! Je sens mon rythme cardiaque s’accélérer quand Tucker pose sa main sur mon épaule.

-« Respirez, ça va aller. »

-« J’appel à la barre, le témoin Samantha Miller. »

Je me lève mais à présent j’ai peur de faire un malaise. Je ferme les yeux pendant quelques secondes avant d’avancer, et je vois Tess qui sourit sur la glace avec ses patins. Je rouvre les yeux, et me dirige vers le siège face à Alexander.

-« Samantha Miller, jurez-vous de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ? Levez la main droite et dites je le jure.»

-« Je le jure. »

Lorsque je prononce ces mots je regarde fixement Redfoot dans les yeux, je crois même le voir tressaillir face à mon regard, moi qui 30 secondes plus tôt me serais fait pipi dessus face à lui!

Cette image de Tess m ‘insuffle du courage, je me dis qu’elle a surmonté ce qui lui arrivait grâce à son ami Kyle et moi au centre, et aujourd’hui, elle est mon amie et elle me donne sa force pour que moi aussi je surmonte mes peurs et mes problèmes. Je ne sais pas si elle va me croire quand je lui dirai ça !

Mon interrogatoire dure presque 1 heure, mais grâce aux conseils de Watts je sais parfaitement maîtriser les choses et être à la hauteur. Je me demande d’ailleurs encore pourquoi il m’aide tant, je lui poserai cette question plus tard je pense.

Le procès suit son cours, et vers 14 heures, nous faisons une pause déjeuner, durant les délibérations.

-« Agent Watts, j’ai une question. »

-« Je vous écoute. »

-« Pourquoi m’aider autant alors que vous n’êtes pas autorisé à le faire ? »

-« Eh ! Bien, je pense que c’est parce que le début de cette enquête vous avez été très coopérative et que je trouve que vous avez assez souffert, et puis vous êtes l’une des rares personnes a nous inviter à prendre un café. C’est aussi je crois parce que vous êtes fort sympathique. »

-« Ben dis donc Tucker mon vieux, t’aurais 10 ans de moins je penserai que tu dragues la demoiselle. »

-« C’est ce que je pensais moi aussi, agent Turner. »

-« N’importe quoi tous les deux, je suis marié et j’ai des enfants. »

La conversation continue durant deux heures comme ça, comme si nous étions amis et non des policiers et un témoin, jusqu'à ce que le portable de Watts sonne nous indiquant que les délibérations sont terminées et que nous pouvons regagner la salle d’audience.

Pendant notre petite conversation j’en profite également pour appeler Maria et lui faire part de l’avancement des choses.

Le verdict est très bon.

-« Alexander Redfoot, le jury vous déclare pour les chefs d’accusations suivant :

-le meurtre de l’un de vos fils, coupable ;

-la tentative de meurtre sur la personne de Sophia Miller, coupable ;

-le détournement de fond et la manipulation et corruption de personnes étrangères et membres de votre famille, coupable ;

-Le viole de plusieurs femmes dont votre belle fille, coupable ;

Alexander Redfoot, vous avez été jugé coupable pour tous vos chefs d’accusations, je dois à présent me retirer quelques instants pour déterminer votre condamnation. La séance est reportée à 10 heures demain matin. »

Après ces paroles du juge, Watts m’explique ce qui se passe ensuite.

-« Oh, Sam, sois sûre que je me vengerais, ne dors pas sur tes deux oreilles, on ne sait jamais ! » Hurle Redfoot à mon attention en quittant la salle accompagné par quatre policiers. 

-« Ne prêtez pas attention à lui Samantha, il ne peut plus rien vous faire à présent. De plus, tous les condamnés disent ça, c’est comme dans les films, des paroles dans le vent. »

-« Oui, Turner à raison. »

-« Oui, mais dans les films c’est pas le même effet, quand on craint quelque chose je crois que c’est à vie. »

-« C’est possible mais si vous saviez le nombre de menaces que nous avons reçu ou entendu, nous ne serions plus là depuis longtemps ! »

Ces paroles de Miles, me rassurent un peu, mais ce n’est pas pour autant que je vais les oublier. Nous prenons la route, en rentrant il était 18 heures, Maria me demande de lui raconter. Vers 19 heures, à son départ je monte me faire couler un bain et préparer mes affaires. Je prends le téléphone pour appeler Tess et lui raconter à elle aussi…

Après une nuit plutôt calme, pourtant je pensais que je cauchemarderai après la menace de Redfoot, je me réveille et m’étire puis me lève pour descendre déjeuner.

En sortant je croise Maria sur le pallier qui se dirige vers la buanderie.

-« Bonjour Maria, comment allez-vous ? »

-« Bonjour, Sam, bien et vous ? Avez-vous passez une bonne nuit ? »

-« Bien merci, oui j’ai passé une bonne nuit à mon grand étonnement, je n’ai fait aucun cauchemar. »

-« Tant mieux me voilà rassurée, je ne suis pas venu vous réveiller de peur que votre nuit soit trop courte. »

-« Ah bon, pourquoi il est tard ? »

-« Oui, la journée et bien avancée déjà. »

-« Quelle heure est-il ? »

-« 12h15. »

-« Quoi vous plaisantez ? »

-« Non, pourquoi. »

-« Mais il est 9 heures à mon réveil. »

Enervée, je me dirige dans ma chambre vers se fichu réveil, suivit de Maria.

-« Ah ! Saleté ! La pile et morte, je l’avais programmé pour me lever au plus tard à 9h30. Je voulais faire des courses avant d’aller aider Nathan au centre. »

-« Donnez-le moi, je vais aller la changer. »

-« Non, merci Maria, je vais investir dans un réveil électronique. »

-« Comme vous voudrez, je suppose que vous ne mangerez pas, alors je vous ai préparé un petit-déjeuner. Il vous attend en bas, si vous n’êtes pas en retard. »

-« Non, je ne suis pas encore en retard, merci je vais descendre tout de suite. »

Je descends prendre mon petit déjeuner devant la télé, histoire de m’informer sur le monde extérieur en regardant les informations. Rien de brillant dans ce flash. Il est 12h45, je monte prendre une douche, Maria et en train de faire le repassage.

A 13h30, étant prête, je porte avec un vieux jeans, un tee-shirt taché de peinture et une paire de bottes. Je préviens Maria de mon départ, et lui dit que je lui passerai un coup de fil si je ne rentre pas dîner.

-« Sam, vous ne trouvez que les bottes ne vont pas trop avec votre tenue ? »

-« Voyons, Maria se sont mes bottes de motard, je prend ma moto, il faut bien la faire tourner un peu, mais ne vous inquiétez pas, j’ai pris une paire de vieilles tennis ! »

-« Vous y allez sur votre engin, ce tas de ferraille ? »

-« Je le reconnaît, elle est vieille, mais c’est ma première moto, celle que j’ai acheter d’occasion avec ma première paye d’assistante avant même de passer le permis alors elle me tiens à cœur. »

-« Elle n’était déjà dans cet état quand vous l’avez achetée ? »

-« Oui. »

-« Jamais je n’aurais acheté un tel engin, surtout dans un état pareil ! »

-« Oui, mais on a pas le choix, on fait avec, et puis elle roule c’est le principal ! »

-« Avant je veux bien, mais vous n’allez pas me dire qu’à présent vous ne pouvez pas vous permettre d’en acheter une neuve ? »

-« Si, mais c’est sentimental ! Autant, je ne pourrais pas me passer d’elle que d’un homme si ! »

Elle rit de bon cœur, cette fois. Je ris et avec elle et lui fais un signe de tête, signe de mon départ. C’est vrai ma moto n’était pas vraiment celle dont on pouvait rêver.

Elle est bleu nuit, parcourue de symboles de couleur or, sa couleur ne m‘a jamais vraiment plu. C'est une moto de ville, mais son moteur et les éléments métalliques couleur argent ont depuis des années laissé place à la rouille bien avant que je ne l’achète. Je l’ai depuis un peu plus d’un an. Bref comme le dit si bien Maria, « une vrai ruine, un tas de ferraille. » Mais je l’aime cette moto et la remplacer me ferai mal au cœur, peut-être que je devrais plutôt la retaper au lieu de m’en séparer.

Enfin ce n’est rien, je file à la vitesse de l’éclair sur mon engin, j’adore sentir le vent plaqué ma combinaison contre mon corps, la vitesse augmenter, donnant l’impression que je vole, ne fait plus qu’un avec le vent. Arrivée au centre, Nathan et devant la porte, je vois qu’il m’observe sans savoir que c’est moi, je me dirige vers la porte et retire mon casque une fois entrée.

-« Sam ! Quelle surprise, jamais je ne t’aurais imaginée derrière un guidon…c’est quoi ce truc? Une moto ? »

-« Ca va, je sais elle ne ressemble plus à rien mais oui c’est une moto ! »

-« Oui et tu as même la combinaison et le casque assortis. »

-« Ben oui, c’était un lot, et puis quand on a pas d’argent, on prend ce qu’il y a, c’est une question de bien-être et pas d’estime. »

-« Bien dit, j’avoue. Mais quand même, toi sur une moto, c’est surprenant. »

-« Oh ! Mais je pourrais bien te surprendre d’avantage. Qui sait ? »

-« Dis donc, jeune fille, je suis marié! Et vous osez me draguer ouvertement. »

-« Oui, et ce n’est pas grave, je ne suis pas jalouse ! »

-« Ne soyons pas stupide je pourrais être ton père. »

-« Mon grand-père tu veux dire ? » 

-« Touché ! »

«  C’est surtout le fait que tu sois patron, c’est-à-dire que c’est très intéressant pour une fille comme moi, et puis de nos jours le mariage et la différence d'âge n’est plus un problème. »

-« Coulé. Ah ! Sam si tout le monde pouvait être comme toi, tout serait tellement plus simple, je ne peux pas me permettre de plaisanter avec tous mes employés comme ça ! »

-« C’est réciproque, patron. »

-« La vie ne nous a pas fait de cadeau, je crois que c’est pour ça que nous avons un lien particulier, et surtout que nous faisons ce métier. »

-« Oui, c’est possible, je ne te contredis pas, je tiens à ma paye! »

-« Oui, je vois ça vu l’état de tes vêtements et de ton moyen de locomotion, c’est un moyen de demander une augmentation ? »

-« Touché. »

Nous rions ensemble de bon cœur. Nathan est vraiment un homme formidable, comme moi, il a perdu sa famille très jeune. Il n'avait pas un sou en poche, jusqu'à ce qu’il ait de la chance en gagnant à la loterie une somme très modeste, mais avec elle, il a fondé un centre. Ce centre pour les personnes comme lui, en difficultés. Avant de penser à son bien être, il a d’abord pensé à celui des autres. Jeune il était grand, mince, aux cheveux bruns, et le teint un peu pale, des yeux bleus presque identiques aux miens, et un sourire heureux. Aujourd’hui, c’est un homme légèrement plus âgé, ayant conservé les même yeux, mais avec des cheveux blancs, plus petit et laissant apparaître le début d’une petite bedaine. Il a 55 ans, marié avec une femme remarquable aujourd’hui, un de ses premiers et anciens cas sociaux forcément, et trois enfants tournant aux alentours de mon âge. Avec sa femme ils ont tous deux le cœur sur la main. Ils forment vraiment un très beau couple. J’ai eu l’occasion de connaître Miranda, sa femme, lors de soirées organisées au centre. Elle était venue nous donner un coup de main occasionnel au bureau.

Nous discutons du procès pendant une demi-heure peut-être, puis Nathan, m’explique qu’il faut qu’on fasse le plan pour installer les tables, les banderoles, où sera le buffet, les verres, les boissons, enfin tous ce donc nous avons besoin de savoir pour la soirée. Au bout d’une heure et demi, nous sommes enfin d’accord et opérationnels.

Il a décidé de fermer le centre vendredi afin d’accorder les derniers détails et recevoir les commandes, de nourriture dont il se charge avec Miranda et leurs enfants, car chaque année, ils viennent participer à ces événements.

A 18h, tout est fini.

-« Voilà, Sam merci pour ton aide précieuse. »

-« Mais, je suis là pour aider mes amis. »

-« Je sais bien que je pourrais toujours compter sur toi. »

-« Et pareillement, patron. »

-« Bon, on attend plus que samedi avec impatience.  Tu peux y aller si tu veux, de toute façon j’y vais aussi. Je ferme la boutique ! »

-« Bien, merci et bon courage pour demain, n’hésite pas à m’appeler si tu as besoin d’aide. »

-« Non, je sais bien que tu dois faire du shopping avec ta nouvelle protégée et amie, Térésa.»

-« Tess, elle déteste qu’on l’appelle Térésa ! Mais, le shopping peut attendre si tu as un souci, tu sais ! »

-« Amuse-toi et arrête de te soucier du boulot. Bonne soirée et à samedi. »

En disant ces mots, il me pousse dehors. J’appel Maria, pour la prévenir de mon retour.

Arrivée, Maria me regarde avec désolation…

Je hurle ces mots en courant vers elle :

-« Maria, que se passe-t-il ? »

Elle sursaute de peur.

-« Rien, pourquoi semblez-vous affoler ? »

-« C’est vous, vous faîtes une drôle de tête, comme si quelque chose venait d’arriver. »

-« Non, je suis désolée de vous voir vêtue ainsi ! »

-« Oh ! »

Ses lèvres affichent un sourire moqueur, je me mets à rire et elle me suit. Le téléphone sonne, je me déshabille dans l’entrée et monte l’escalier, lorsque Maria m’interpelle.

-« Sam, c’est mademoiselle Tess, au téléphone. »

-« Attendez, je la prends dans ma chambre. »

Je lui hurle que j’ai le téléphone en main, et elle part reprendre la préparation de son dîner, pendant que je mets à couler l’eau de mon bain. Je parle avec Tess, elle m’appelle pour savoir comment se passe la journée, et savoir comment on s’y prend pour le shopping.

Je rentre dans mon bain toujours au téléphone -sale habitude- ! On reste au téléphone une bonne heure, s’imaginant dans nos robes de rêves etc… Maria et même venue me prévenir de son départ entre temps.

Une fois que j'ai raccroché, je décide de rester un peu dans l’eau, et vers 19h45 je sors enfin, affamée et curieuse de savoir ce que Maria a préparé!

Ce soir, j’ai droit à mon plat préféré du hachis parmentier. Je m’installe sur le bar de la cuisine et prend le bouquin que j’ai commencé à lire il y a un moment déjà, il ne me reste que deux ou trois chapitres à finir, au début, j’ai du mal à me resituer dans l’histoire puis après une dizaine de minutes, ça va mieux. De nouveau prise dans l’action je finis les 70 pages qui me restaient.

A 21h je pense monter me coucher, mais soudain alors que de la journée je n’y avait pas songé, Redfoot resurgit dans mes pensées. Frissonnante, je me mets le film de Mister Bean pour me divertir, mais je suis obligée d’un mettre un second, j’opte pour M. and Mrs Smith, à 1h du matin j’en mets un troisième toujours obsédée et effrayér, ne voulant pas spécialement voir Johnny a l’écran je finis par regarder les deux big mamma, à présent 4 heures n’ayant plus envie de film, je zappe sur les chaînes du câble et je finis par tomber sur un film interdit au moins de 18 ans. Je me laisse tenter après tout quel mal y a-t-il ?

Je suis réveillée par Maria vers 10h le lendemain matin.

-« Sam, vous devriez aller dormir dans votre lit. »

Je me suis endormie cinq minutes après avoir mis le film pornographique, c'est pour dire à quel point c'était passionnant... Je devrais peut-être en regarder plus souvent si ça peut m’aider à dormir! Cette pensée m'amuse et me donne le sourire.

-« Eh, bien ! Au moins vous avez l’air de bonne humeur. »

-« Oui, quelle heure est-il Maria ? »

-« 10h30. »

-« Parfait, merci de m’avoir réveillée. »

-« Nuit courte ? »

-« Oui et agitée, mais après un bon sommeil. »

-« C’est ce que je vois, vous semblez fraîche comme une rose. »

-« Oui, c’est ça, une rose avec des cheveux en bataille je suppose ? »

-« Non, pas aujourd’hui. »

-« Je vous ai eu, ça veut dire que d’habitude vous trouvez que je suis mal coiffée. »

-« Je vois que vous êtes en forme ! »

-« Oui ! En pleine forme. »

-« Bien dans ce cas votre petit déjeuner est prêt. »

-« Merci, John et William sont-ils arrivé ? »

-« Oui, depuis 10h comme chaque jour. »

-« Bien, merci Maria à tout à l’heure. »

Je m’installe au bar de la cuisine ou j’aime manger mes repas lorsque je suis seule, je regarde le temps, le soleil brille, pas de nuage à l’horizon. Je finis rapidement et sorts sur la terrasse où je cherche mes jardiniers des yeux, j’en vois un et l’interpelle, tout en me dirigeant vers lui.

-« John ! »

-« Bonjour, madame Samantha. »

-« Samantha tout court ou Sam, je me tue à vous le répéter. »

-« Je sais mais c’est par respect. »

-« Bien Monsieur John. »

-« Oh ! Non. »

-« Il n’y a pas respect qui tienne, nous sommes d’un même rang et niveau pour moi, alors s’il vous plait appelez-moi Sam ! »

-« Je vais essayer. »

-« Je voulais vous demander si vous et William aviez fini de nettoyer la piscine ? »

-« La nettoyer, oui, mais elle n’a pas fini de se remplir, elle n’est qu’a un quart. Il va lui falloir toute la journée et sûrement une partie de la nuit, car elle à déjà tournée toute cette nuit. »

-« Très bien, je vois, la mer n’est qu’a 500m d’ici ? »

-« Même pas, je dirai 300m. »

-« Ah ! Pensez-vous que l’eau sera fraîche ce matin ? »

-« Il y a déjà 20 ° à l’ombre et 23° en plein soleil, l’eau sera vers les 15° je pense. »

-« Oui, c’est frais quand même... Merci, saluez William de ma part et si je ne vous revoie pas, bonne journée. »

-« Oui pas de problème, merci vous aussi. »

J’hésite, j’ai vraiment envie de piquer une tête mais 15° c’est la moitié de l’eau habituelle de ma piscine. Finalement, je prends une douche et m’habille et décide d’appeler Marc Hamilton le gérant du Sky palace, mon casino. Mon appel le surprend, car c’est rare, c’est vrai mais je veux savoir comment il va, car au moment du procès nous n’avons pas réellement pus nous parler, ni depuis celui-ci d’ailleurs ! Nous sommes restés une heure et demi au téléphone. Il est déjà midi et demi, je finis de me préparer en vue de mon après-midi shopping avec Tess. En fait, je l’ai appelé car j’avais une idée en tête, je voulais faire plaisir à Tess pour que l’on passe une journée à Las Vegas au Sky palace bien sûr, et je veux lui proposer d’emmener son meilleur ami Kyle, pour que l’on se rencontre enfin, après tout même s’il ne me plait pas même sans le connaître, c’est l’ami de Tess, nous ne pourrons pas nous éviter continuellement. De plus Marc a trouvé cette idée super. Je le reconctacte pour le tenir au courant car tout dépend de Tess à présent, je compte bien lui toucher deux mots cet après-midi entre deux vitrines. Puis, je descends manger un morceau, je regarde les infos et file mettre la touche ultime avant le départ, mes chaussures.

Je passe prendre Tess, et on file dans un centre commercial constitué uniquement de boutiques de luxe. Tess et émerveillée par tout ce qu’elle voit encore une fois.

-« Sam, comment veux-tu que je paye quelque chose ici ! »

-« Qui te dit que tu vas acheter quoi que se soit. »

-« Quoi ? »

-« Les robes, j’en fais mon affaire ! »

-« C’est totalement hors de question, déjà je n’ai pas vraiment apprécié le coup des patins, alors la robe tu n’y penses même pas ! »

-« Tant pis tu mettras une guenille à toi qui traîne. »

-« Non, mais je ne te permets pas ! Mes robes ne sont pas toutes des guenilles. »

-« Mais, tu en as, tu vois ! »

-« Toi non, peut-être ? »

-«  Plus vraiment maintenant, mais en fait aujourd’hui j’aime bien que l’on ne regarde que moi dans mes robes haute couture, car les femmes qui sont à ces réunions sont des snobinardes, tu peux pas t’imaginer! De toute façon tu verras demain. »

-« Ah ! Je vois ! Mais ne change pas de sujet, je ne veux pas que tu paye ma robe, j’irai même nue s’il le faut, ou je ne viens pas après tout ! »

-« D’accord, je suis désolée si je t’ai froissée! Je plaisantais. Je t’en prie accompagne-moi, ne me laisse pas toute seule entre leurs griffes ! »

-« Ah ! Tel est pris qui croyait prendre ! »

-« Touché ! »

-« Enfin ! »

-« Bravo, bien joué ! Bon écoute je te propose un deal. »

-« Lequel? »

-« On fait 75-25. »

-« Il n’en est pas question ! »

-« Très bien, mais si tu refuses, je te payerai autre chose à ton insu comme pour les patins ! »

-« C’est bon je capitule ! »

-« Super, alors c'est parti pour le shopping! »

Au bout de trois heures, aucune de nous n'a eut un déclic quelconque pour une robe. Pourtant nous en avons essayer des tas, rouge, bleu, noir, dorée, verte, elle sont soit sexy, classe, glamour mais rien à faire!

Quand, soudain nous passons devant une vitrine et une robe me saute aux yeux. Une robe Gucci en satin noir, elle est longue, avec une ouverture à mi-cuisse du côté droit, jusqu’aux pieds, le col en V, et le dos ouvert, relié en lacets jusqu’au bas de celui-ci, et les bretelles assez fines. Je pense même avoir les chaussures qui iront avec cette robe.

-« Alors ça y est tu as trouvé ? Ça fait cinq minutes que tu regardes cette vitrine sans rien dire !»

-« Quoi ? »

-« C’est la robe que tu veux ? »

-« Oui, j’en suis sûre ! »

Je rentre dans la boutique, suivie de Tess.

-« Bonjour, Mesdames, je suis Tony, votre hôte, puis-je vous aider ? »

-« Oui, je veux le robe qui est en vitrine. »

-« Je vois, taille 38, si je ne m’abuse ? »

-« Oui ! »

-« Ces vendeurs, on voit qu’ils ne font que ça toute la journée. »

-« Je suis d’accord avec toi, Tess, mais ça m’épatera toujours ! »

-« Voilà. Mesdames si vous voulez me suivre vers les cabines. »

-« Oui, tout de suite. »

Arrivée dans la cabine mon cœur bat si vite qu’on croirait qu’il va s’arrêter, et tout ça pour une robe, c’est du n’importe quoi! C’est la première fois que cela m’arrive. Quand je le prends dans mes mains, elle est d’une douceur, et d’une légèreté, j’ai l’impression d’être nue. Je sort de la cabine pour me voir dans le miroir, et soudain je prends conscience qu’elle ne me va pas du tout.

-« Sam, tu es magnifique ! »

-« Sans vouloir, vous vexer mesdames, moi je ne trouve pas ! »

-« Non, mais elle ne plait pas non plus. »

-« Non, mesdames, ce que je veux dire, c’est que la coupe est parfaite sur vous, mais avec votre peau halée, c’est la couleur qui ne va pas. Tony revient! »

Et deux minutes plus tard, en effet il été là. Il revient avec la même robe mais de couleur turquoise comme mes yeux.

-« Essayez celle-la. »

Je retourne en cabine, mais légèrement moins enthousiaste que la première fois, c’est la même robe mais ce n’est pas pareil pour autant. Je sors à nouveau pour regarder le résultat mais sans grande conviction. Et pourtant cette fois, je suis stupéfaite, pas un mot, juste des regards ébahis, même les autres clients du magasin cesse leurs occupations pour m’admirer.

-« C’est grandiose, magnifique, une vraie poupée, vous êtes parfaite ! »

-« Tu es splendide, Sam »

Je n’aurais pas dit mieux. Je suis vraiment une femme superbe dans cette robe, je savais bien qu’elle avait quelque chose.

-« Bon ce n’est pas tout, mais avant de tomber encore plus en extase devant cette sublime demoiselle, qui me ferai battre le cœur si je n’avais pas mon Julio, passons à la deuxième sublime jeune femme qui l’accompagne. »

Mais au moment ou Tess s'apprête à refuser, ses yeux se posent sur LA robe.

-« Je vois, je suis votre regard et je suis partant ! Vous me donnez carte blanche ? »

-« Après ce que vous avez fait pour mon amie ! Absolument. »

-« Bien, Tony est là pour vous mes chéries . »

La robe de Tess, est plus courte que la mienne, elle arrive juste en dessous du genou, bouffante mais pas trop, du bassin au genou et le haut ressemble à celui d’un top, avec une ouverture en V elle aussi, de très fines bretelles, moulant tout le buste. Tony avait choisit une couleur chocolat.

Elle était à couper le souffle, nous sommes à couper le souffle! Je règle, laissant à Tony un très bon pourboire pour ses conseils hors paire, malgré le prix exorbitant de nos robes. Mais croyez-moi ça en vaut la peine, puis on rentre à la maison avec nos tenus et accessoires complets.

-« Tess tu as quelque chose de prévu ce soir ? »

-« Non, pourquoi ?

-« Tu ne veux pas rester ? »

-« Euh…Eh, bien ! »

-« S’il te plait, je me sentirais plus rassurée. »

-« C’est que je voulais faire la surprise à Kyle de passer le voir. »

-« Oh ! Tant pis! On mange et je te ramènerais. »

-« Ca ne va pas ? Arrête tu me fais culpabiliser. »

-« C’est juste que j’ai passé une très mauvaise nuit, et… »

-« C’est bon n’en dis pas plus, je reste. Je veux être là pour toi, comme tu l’as été ces derniers temps pour moi, et Kyle va bien en ce moment donc pas de raison de s’inquiéter. »

-« Merci, Tess c’est super. »

Nous mangeons, discutons jusque tard dans la nuit, puis allons nous coucher dans le patio de la piscine sur le canapé-lit en regardant les étoiles. Endormies paisiblement jusqu'au lendemain matin réveillé par les caresses des rayons du soleil qui envahissent la pièce.

Notre journée est des plus banales, on se lève et on déjeune. La piscine est presque remplie, on se fait bronzer pour la soirée durant toute la journée puis vers 19h00, on monte se bichonner. La soirée est prévue pour 20h30.

A 20h15, on se rejoint dans le hall, Tess dans sa robe chocolat, avec les chaussures assorties et un voile vert anis sur les épaules, ainsi que le sac à main rappel de la couleur verte de ses yeux. Et moi dans ma robe turquoise, avec mes chaussures assortis, mais le sac et le voile dorés.

-« Pour ce soir, Tess, nous avons chauffeur avec limousine. »

-« Sam, si tu n’étais pas une fille, je t’épouserai ! »

-« Oui, c’est ma stratégie. Ensuite je te conduis dans une chapelle à Vegas pour t’épouser. »

-« Ah ! Vegas, j’en rêve! »

Nous rions, et à ce moment, je pense que j’ai totalement oublié de lui parler de mes projets à Vegas, mais étant donné sa réponse, ce sera une surprise. Lors de notre arrivée, comme nous le pensions, les regards convergent sur nous, et le silence règne dans la salle. Je prends Tess par la main et nous dirige vers Nathan et Miranda. Je fais les présentations, et tout le petit monde reprend ses activités, je salue le reste des invités , les enfants de mon patron et présente Tess, en tant qu’amie et non comme une cliente, si je puis dire !

La soirée est parfaite pendant environ trente minutes jusqu'à ce que j’aperçoive un visage familier, mais pas forcément amical.

Une jeune femme vient de faire son entrée au bras de son prétendant. Elle porte une robe violette pailletée ultra-moulante, courte et décolletée, pour que l’on ne voit qu’elle, certainement. Ses longs cheveux noirs sont lâchés et un peu frisés. Elle est maquillée comme un pot de peinture et probablement autant parfumée! Elle est accompagnée de deux hommes déjà plus distingués, celui qu’elle tient par le bras porte un costume noir avec une chemise rouge, tout ça avec une classe sans égale et pourtant je le trouve déjà trop macho et trop sûr de lui. Et dieu seul sait pourquoi mais ce genre d’homme ne me laisse pas indifférente. L’autre porte un pantalon de costume noir et un T-shirt blanc col en V, déjà plus décontracté et séduisant à mon goût.
Je glisse à l’oreille de Tess:

-« c’est Colleen, une de mes adversaires du mannequinât et l’autre avec elle, ce doit être son fiancé dont elle parle depuis des années, et l’autre type un associé et sûrement amant de cette garce ! »

Elle me sourit, mais semble gênée. Soudain, le Playboy nous voit et son visage s’illumine, ainsi que celui de Colleen et ils se dirigent vers nous, mais aucun moyen de fuir, l’affront est inévitable…



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• Partie 11 • Naya • Sam  posté le dimanche 20 avril 2008 10:56

 

- Colleen, tu sais... tu peux me lâcher, je ne vais pas m'envoler! dis-je à la concernée, un peu agacé.

En retour j'ai droit à une moue triste et légèrement boudeuse. Je soupire et Kasey rit sous cape.

- Bon allons-y, il faut que je vois Nathan pour la donation.

Kasey ne rit plus et tente de se faire discret.

- Et bien entendu, Kasey, tu n‘oublieras pas d‘en faire de même! j'ajoute avec un grand sourire.

On entre dans la salle du centre d'aide de Nathan Robertson, un grand ami de ma mère. Ce type a eu une vie difficile et il l'a pourtant passée a essayer d'aider les autres. Il s'en est sorti par la seule force de sa volonté. J'apprécie les gens comme lui, ils forcent l'admiration. Ils n'ont rien au début et pourtant ils réussissent à réaliser de grandes choses. La salle où se déroule la soirée est magnifiquement décorée... et remplie de snobinards endimanchés! "Génial" me dis-je en moi-même. Je balaye la salle du regard pour trouver un visage familier qui ne me soit pas antipathique... J'ai la surprise du siècle! Tess est là, au milieu de la salle, dans une jolie robe! Elle accompagne son Sam à cette soirée, donc! Colleen serre plus fort mon bras en murmurant:

- Oh, c'est pas vrai!

- Quoi?

- Tu vois la cruche immonde là-bas dans une robe turquoise, juste à coté de la gamine avec sa robe marron? C'est une ancienne mannequin, on a été rivales. Une pauvre fille sortie de nulle part, je me demande ce qu'elle fait là!

J'apprécie moyennement le terme "gamine" qui désigne Tess, Colleen ne sait pas qu'elle est ma meilleure amie. Je détache son bras du mien et je me dirige d'un pas décidé vers ma meilleure amie, plus souriant que jamais. Colleen et Kasey me suivent de près. Dieu que c'est pénible!

- Bonsoir belle demoiselle. Ne nous sommes-nous pas déjà croisés quelque part? je demande à Tess avec un grand sourire séducteur.

Elle rit. Je me tourne vers la jeune femme qui l'accompagne. Une cruche immonde, hein? On est bien loin du compte! Colleen raconte vraiment n'importe quoi! Je demande à Tess sans quitter son amie des yeux:

- Qui est cette charmante personne?

Tess me désigne puis désigne ensuite la jeune femme qui l'accompagne avec un grand sourire.

- Kyle, je te présente Sam. Sam, Kyle!

Alors, c’est elle, Sam? Je m'attendais à rencontrer un homme! Ma jalousie légendaire m'a encore fait psychoter sévèrement!

- Enchantée, dit-elle en me tendant la main sans sourire.

Bon sang, elle a une sacrée poigne pour une nana! Elle me fait l'effet de quelqu'un d'énergique et déterminé.

- Moi de même. Ravi de faire enfin votre connaissance. Tess m'a tellement parlé de vous...

Le ton sincère de ma voix m'étonne. En plus c'est faux, encore une minute auparavant je détestais "Sam"... Mais bon, j'ignorais que "Sam" était une femme, séduisante de surcroît.

Soudain la voix de Colleen retenti à côté de moi, agressive et perçante.

- Samantha! fait-elle semblant de s'extasier avec un sourire que je lui connais bien.

Un sourire totalement hypocrite qu'elle réserve aux gens qu'elle déteste cordialement.

- Colleen. répond la jeune femme sur un ton dépourvu de chaleur.

Kasey s'avance ensuite et tente de jouer le Playboy, il admire Tess et Sam l'une après l'autre avec un air enjoué.

- J'aimerais être présenté à ces merveilleuses créatures! m'informe-t-il en me donnant un coup de coude.

- Eh bien, Kasey, je te présente ma meilleure amie dont je parle souvent: Tess! fais-je en mettant un bras autour de la taille de la concernée pour ne pas qu'il s'approche de trop près.

Il comprend à mon expression qu’il ne doit pas jouer avec elle sous peine de finir castré. Je remarque le froncement de sourcils de Colleen mais l'ignore totalement. Puis je désigne Sam d’un signe de tête:

- Et son amie Samantha.

- Tu aurais pu me dire qu'il y aurait d'aussi jolies demoiselles ce soir. dit-il en souriant à Samantha qui a manifestement l'air d'apprécier l'attention.

Ma mâchoire se contracte sans que je m'en rende compte et je lui lance:

- J'aurais peut-être dû en effet, tu aurais accepté de venir plus facilement .

Ce devait être une plaisanterie, mais j'ignore pourquoi, ma voix est chargée d'agressivité et tout d'un coup quatre regards sont fixés sur moi. Je change de sujet et prend la main de Tess pour la faire tourner sur elle-même et l'admirer.Je la complimente avec en souriant.

- Tu es très belle.

- Merci! C'est Sam qui m'a fait cadeau de la robe!

Je me tourne vers Sam pour lui sourire, et le regard attendri qu'elle a se transforme automatiquement en regard méfiant et ma parole, un peu haineux... Pourquoi? C'est bien la première fois qu'une femme me jette ce genre de regard! Un peu désappointé et désireux de ne pas le montrer, je leur annonce avant de m'éloigner:

- Pardonnez-moi, je dois voir quelqu'un.

Je les plante là et je sens leurs regards peser sur mon dos, c'est la première fois que je fuis. La première fois que je bats en retraite par gêne. Je trouve rapidement l'homme que je cherchais qui s'exclame en me voyant:

- Ah, Kyle! Je suis ravi que tu sois venu!

Je l'enlace avant de rétorquer:

- Tu savais très bien que je viendrais, Nathan. Je viens toujours!

- Ta mère serait fière de voir que tu continues ce qu'elle a commencé, garçon.

- Je l'espère. Mais cesse de m'appeler "garçon", j'ai vingt quatre ans bon sang, plus dix!

Nathan éclate de rire et met un bras autour de mon épaule il dit à sa femme qui est à quelque pas de là:

- Miranda, regarde qui est là!

- Oh, le petit Kyle! s'exclame-t-elle en me voyant.

Je lève les yeux au ciel.

- Pitié, Miranda! Je viens de rappeler à ton mari de ne pas m'appeler "garçon". Ai-je encore quelque chose à voir avec le gamin chétif qui accompagnait sa mère pour organiser les galas?

- Non, maintenant tu es un très beau jeune homme! Mais comprends-nous, on te connaît depuis tout petit...

- Les habitudes ont la vie dure, achève Nathan avec un grand sourire.

- Je vois ça! dis-je en lui rendant son sourire. Quand pourrais-je te remettre le chèque?

- Tu es pressé?

- Non, pas du tout.

- Alors, cela peut bien attendre la fin de soirée, mon garçon!

- Très bien!

J’hésite à lui poser une question qui me brûle pourtant les lèvres... Je lui fais signe de venir pour parler en privé:

- Nathan? Tu vois la jeune femme avec une robe turquoise, là-bas?

- Oui?

- Dis-moi, tu la connais?

- Elle t’intéresse?

- Oui, enfin non! Pas au sens où tu l’entends! je balbutie.

- Elle s’appelle Samantha Miller.

- C’est la petite fille des Miller qui tenaient le Sky Palace?

- Oui. Comme tu le sais ils sont morts dans un accident il y a de ça plusieurs mois et ils lui ont tout légué.

- Ah, une arriviste à ajouter sur la liste déjà longue des nouveaux riches! dis-je pour plaisanter avec un sourire... qui disparaît aussitôt quand je vois l’air menaçant de Nathan.

- Ne la juge pas trop vite, c’est une jeune femme exceptionnelle. Elle travaille au centre avec moi. Elle est brillante, intelligente, drôle et surtout c’est quelqu’un de simple. Par contre c’est une vraie tête de mule! s’exclame-t-il avec amusement.

- Elle travaille comme assistance sociale alors qu’elle a hérité de la fortune des Miller? je m’écrie sans parvenir à cacher ma surprise.

- Oui. Avant d’hériter elle n’a pas eu une vie facile et pourtant elle se démène pour les autres. C’est une jeune femme étonnante! D’ailleurs, tu devrais peut-être faire connaissance avec elle! ajoute-t-il avec un clin d’œil.

- J’y songe... je murmure plus pour moi-même que pour lui tout en observant cette fameuse Samantha. Soudain mon entrevue avec les deux flics me revient:

« Au fait, monsieur Laurens... Connaîtriez-vous une certaine mademoiselle Samantha Miller? »

Qu’est-ce qu’elle peut bien avoir à faire dans l’histoire de Tyler Wilkerson? Bah, ça ne me regarde pas après tout! Elle discute avec Tess et elle rit des pitreries de cette dernière qui prend des poses de mannequins. En la voyant sourire je me sens sourire aussi, maintenant que je ne suis plus avec elles, elle semble détendue. Une pensée gênante me traverse l’esprit: et si je ne lui plaisais pas? Bien qu’elle ne m’intéresse pas je n’aime pas cette idée. Cette femme magnifique n’est pas un coup d’un soir, or les coups d’un soir, c’est ma spécialité... Alors non, elle n’est pas pour moi! Je sens quelqu’un m’enlacer et poser un baiser sur ma joue, un parfum fort et entêtant m’envahit aussitôt.

- Colleen! Où étais-tu?

- J’ai trouvé quelques amis que je suis allée saluer.

- Et Kasey?

- Il est près du buffet, il drague une blonde pleine aux as!

Ca ne m’étonne pas! Quel séducteur! Et le pire c’est que c’est moi qui ait la mauvaise réputation. Je passe pour un pervers éhonté et lui un jeune homme insouciant qui ne sait juste pas ce qu’il désire vraiment. Foutaises! Kasey et les femmes, c’est toute une histoire de sexe, mensonges et manipulation. C’est un dragueur invétéré qui plaît aux femmes. Cela dit, je le comprends tout à fait. Il a tout du beau gosse: il est légèrement plus petit que moi et plus finement musclé, il faut dire qu’il passe plus de temps à se chouchouter qu’à faire du sport... Ses cheveux blonds coupés courts et coiffés à la dernière mode lui donnent un air angélique; accentué par ses grands yeux bleus ciels reflétant une fausse innocence. Kasey a tout d’un ange mais il n’en est pas un. Toutes ces ex peuvent en témoigner.

- Oh Analysa! s’écrie Colleen en s’éloignant de moi pour rejoindre sûrement des « amis » à elle.

Tess n’est plus avec Sam quand je regarde dans leur direction. Je rejoins Sam d’un pas vif.

- Où est Tess?

- Elle n’était pas très bien, elle est allée au toilettes, répond-elle d’un air inquiet.

- Oh...

Un silence gênant s’installe entre nous. Je ne sais pas quoi lui dire.

- J’espère qu’il n’y a pas de problème avec le bébé...

- Moi non plus. Mais je pense que non, au début d’une grossesse je suppose qu’il est normal d’être un peu fatiguée. tente-t-elle de me rassurer.

- Sans doutes. Alors comme ça vous êtes la petite fille des Miller?

- Oui.

- Votre grand-mère était une amie de ma mère.

- Ah bien sûr, vous êtes le fils Laurens.

Elle a presque craché mon nom de famille.

- Et vous sortez avec Colleen. ajoute-t-elle en me jetant un regard en coin.

- Je crois que vous ne l’aimez pas.

- C’est réciproque. affirme-t-elle en haussant les épaules.

- Samantha?

- Oui?

- Pourquoi êtes-vous si froide avec moi?

Sa bouche -très attirante au passage- s’entrouvre sous le coup de la surprise. Visiblement, elle ne s’attendait pas à cette question.

- J’aimerais savoir ce que je vous ai fait ou dit jusqu’à maintenant pour que vous me regardiez ainsi. Je n’ai pas l’habitude d’être traité de cette façon.

- Oui, j’imagine bien!

Mais je rêve ou elle se moque de moi? Non, c’est bien l’ombre d’un sourire moqueur que je détecte sur ses lèvres!

- Le grand Kyle Laurens n’a sans doute pas l’habitude qu’une femme ne soit pas en extase devant lui? Désolée de vous l’apprendre, mais je ne suis pas comme ces midinettes assoiffées d’argent et de célébrité qui se jettent à vos pieds. Je ne comprends pas pourquoi une personne aussi gentille et pure que Tess vous adore à ce point. A mes yeux vous semblez n’être qu’un sale macho qui sort avec des mannequins sans cervelle pour la frime!

Je n’en reviens pas, quel caractère! J’ai un rire mauvais.

- Premièrement, je ne souhaite pas que vous soyez en extase devant moi, sachez que je ne m’intéresse pas aux hystériques mal lunées.

Je vois qu’elle commence à se mettre en colère. Ses yeux que je croyais verts clairs s’embrasent sous l’effet de la rage et virent au turquoise. Mon dieu, quel regard! Cette petite joute verbale devrait m’énerver mais au contraire, elle me plaît, je dirais même que ça m’amuse.

- Deuxièmement, je ne vois pas de quel droit vous jugez ma relation avec Tess. Je l’aime plus que tout, elle est comme une sœur pour moi et je ferais n’importe quoi pour elle. Et enfin, pensez ce que vous voulez de moi mais laissez-moi vous dire que votre avis, vous pouvez vous le mettre là où je pense! je termine avec un sourire hautain.

Elle ouvre la bouche pour rétorquer quelque chose mais je pose un doigt sur ses lèvres pour la faire taire, approchant mon corps du sien pour qu’elle soit la seule à m’entendre. Je suis immédiatement cerné par son parfum. Sa jolie peau hâlée sent la vanille...

- Allons, chérie, vous m’avez provoqué, vous avez eu ce que vous vouliez: une confrontation. Et vous l’avez perdue. N’allons pas plus loin, je n’aime pas faire ça en public. je lui murmure avec une insolence qui m’étonne moi-même.

Elle tremble de colère contenue et me lance un regard empoisonné, en retour je lui envoie mon plus beau sourire moqueur. Elle lève sa main comme pour me gifler et je m’en empare, la gardant un instant dans la mienne. Elle est surprise par mon geste et elle retient son souffle. Nos regards se croisent, pour la première fois. Soudain je ne souris plus, je ne joue plus. Mon cœur manque un battement et j’ai du mal à respirer. Puis, je ne sais pas ce qu’il me prend mais ma bouche se pose au creux de son poignet et y imprime un lent baiser... Je ferme les yeux en sentant son pouls s’accélérer sous mes lèvres. J’entends son expiration tremblante et j’ai envie de continuer... Mais je me détache pourtant d’elle de peur qu'on ne nous surprenne. Je me maudis intérieurement, d'habitude j'ai un peu plus de tenue que ça!

- Me revoilà! s’exclame joyeusement Tess en revenant, nous faisant sursauter.

Elle nous regarde avec un sourire indécis et nous demande en fronçant les sourcils:

- Vous en faites une tête! Qu’est-ce qui vous arrive?

- Nous étions en train de nous inquiéter pour toi! ment Sam sur un ton de reproche.

- Je te propose de t’emmener au buffet pour que tu manges et boives un peu! Il fait une de ces chaleurs ici, on étouffe, je ne voudrais pas que tu fasses un malaise.

Je l’entraîne avec moi vers le buffet et elle ordonne à Sam:

- Sam, viens avec nous, ne reste pas toute seule!

Cette dernière nous suit comme un automate, puis au fur et à mesure qu’elle discute avec Tess, elle semble reprendre du poil de la bête et me lance à nouveau des regards mauvais. J’ai bien du mal à réprimer mon hilarité, cette fille a un sacré tempérament! J’hésite à lui envoyer un clin d’œil pour la provoquer davantage, mais elle serait bien capable de m’en coller une devant tout le monde. Et même si je ne la connais pas, je sais qu’elle n’hésiterait pas un instant si elle avait l’occasion de m’étriper. Je le lis dans ses beaux yeux. Ils me hurlent « Je te hais Kyle Laurens, je te hais! ». En retour les miens lui susurrent: « Moi aussi Sam, sûrement autant que j’ai envie de te mettre dans mon lit... ». Kasey décide de nous rejoindre quelques minutes plus tard, après avoir laissé tomber sa richissime blonde et drague ouvertement Samantha. Tout en bavardant avec Tess je les observe discrètement. Dis donc il ne lésine pas sur les sourires colgate et les blagues, l'animal! Pff, minable! Il m’énerve! Sans m’en rendre compte je les fixe d’une façon qui n’a rien d’amical et Sam le remarque. Avec un sourire un peu cruel elle pose sa main sur l’ épaule de Kasey en me regardant droit dans les yeux. Elle me provoque. Elle veut me montrer qu’elle préfère Kasey. Eh bien c’est parfait, qu’elle reste avec cet abruti, je m’en contrefous! Colleen me rejoint et je pose ma main au creux de son dos et je l’embrasse sans douceur. Je sais qu’elle a tout regardé et lorsque je relève la tête je croise ses yeux turquoises. « Tu vois, Sam, je n’ai pas besoin de toi, je peux avoir n’importe quelle femme .» On se défie du regard. C’est la première fois qu’on me tient tête de cette façon. Nous nous ignorons une bonne partie de la soirée, jusqu'à ce que Nathan surprenne tout le monde avec l'annonce de son départ en retraite et dévoile le nom de son successeur qui prendra la direction du centre. Ce successeur n'est autre que Sam qui n'en revient pas. Ses pommettes sont roses d'émotion et ses yeux brillent. Elle fait un discours que je n'entends pas vraiment, parce que je suis captivé par son sourire et l'intonation de sa voix. Avant de repartir quelques heures plus tard, je la retrouve en pleine discussion avec Tess sur le parking devant le centre. Je demande à Tess:

- Tu rentres à la résidence ce soir?

- Bien sûr!

- Alors je te ramène!

- Mais Kyle! proteste Colleen.

- Je te ramène, Colleen, ne t’en fais pas! intervient aussitôt Kasey. Allez, viens! Bonsoir à tous! A lundi Kyle!

Kasey emmène Colleen avec lui, bon gré, mal gré. Elle n'a pas l'air heureuse et me lance un regard courroucé derrière la vitre de la BMW de Kasey.

- Tess, tu tombes de sommeil, remarque Sam en souriant.

Je tends les clefs de la voiture à Tess et lui dit:

- Tiens, vas t’installer. Je te rejoins tout de suite.

Ce qu’elle fait sans rechigner après avoir enlacé et remercié Sam. La tendresse et l’amitié sincère qui les unit me touche. Si Tess aime cette fille, ce n’est sûrement pas sans raison, elle doit être quelqu’un de bien. Remarque, elle s’est entichée de ce salaud de Jeff alors peut-être pas...

- Vous semblez beaucoup aimer Tess.

- Oui. Sûrement autant que vous.

- Je ne sais pas si c’est possible. Au fait, toutes mes félicitations pour votre promotion.

- Merci.

Un ange passe.

- Samantha...

- Kyle...

Nous avons parlé en même temps et aucun d'entre nous n’ose terminer sa phrase.

- Qu’alliez-vous dire? demande t-elle.

- Les dames d’abord.

- Non.

- Si, la politesse exige que je vous laisse parler en premier.

- Vous êtes toujours aussi énervant? me demande-t-elle en levant les yeux au ciel.

- C’est marrant, j’allais vous poser la même question!

- Vous êtes méprisable! s’exclame-t-elle en tournant la tête pour montrer son agacement.

Je ne réponds pas tout de suite et j'admire son beau visage, doucement éclairé par la lumière de la lune. Intriguée par mon silence, elle se tourne à nouveau vers moi. Nos regards s’accrochent irrésistiblement l’un à l’autre. Je crois que je deviens fou parce que je lui chuchote avec une sorte de fascination dans la voix:

- Sam, savez-vous que vous avez les plus beaux yeux du monde?

Ses traits s'adoucissent pour la première fois et elle rougit... Je tends la main vers sa joue que j'ai envie de caresser puis me reprends brusquement. "Hé, Kyle, alerte rouge, tu n’as pourtant pas bu tant que ça ce soir! Qu’est-ce qu'il t’arrive? Sauve-toi tant qu’il est encore temps!" Pour une fois je décide d’écouter ma conscience et la laisse là... plus troublé que jamais! Je sais qu'elle est furieuse parce que je la laisse en plan. Je sais qu'elle m'en veut de partir après lui avoir dit ça, j'aurais du dire autre chose, faire quelque chose. Mais j'ai été lâche, je suis parti. Et elle va m'en vouloir...

 

Dans la voiture, Tess babille:

- J'ai adoré cette soirée!

- Tant mieux. Si j'avais su que tu avais envie de fréquenter du beau monde je t'aurais invitée avant.

- Ce n'est pas pour ça! se défend-elle.

- Ah bon?

Je prends un malin plaisir à la taquiner.

- J'ai passé une trop bonne soirée pour avoir envie de répondre à tes provocations! minaude-t-elle.

- Oh oh!

- Kyle, qu'est-ce que tu fais avec cette fille?

- Colleen?

- Oui.

- C'est... compliqué.

- Elle respire la méchanceté, elle est fausse.

- Je ne sais pas quoi dire, Tess.

- Et pourquoi Sam a parlé de toi comme étant le fiancé de cette fille?

- Tess...

- Je veux la vérité! Je sens que c'est important!

- Attends qu'on soit rentrés, et je t'expliquerais, tu veux?

On arrive une demie-heure plus tard devant la résidence et nous montons les escaliers juqu'à chez elle dans un silence de mort. Comment est-ce que je vais expliquer tout ça, moi? Je me le demande! Il faut que je fasse simple. De l'index elle me désigne le canapé avec un air autoritaire et je me dépêche de m'y asseoir avec l'air d'un petit garçon qui a été pris en train de faire une bêtise. Elle vient s'assoir juste à côté de moi et me dit:

- J'attends.

J'inspire profondément.

- J'avais dix huit ans quand j'ai recontré Colleen. A l'époque mon père me formait pour que je prenne la succession d'L&W et elle débutait sa carrière de mannequin. Ca a été le coup de foudre. avoué-je avec simplicité. Nous sommes sortis quatre ans ensemble et nous avons été fiancés.

D'un signe de tête elle m'engage à poursuivre.

- Mais elle m'a quitté et a rompu les fiancailles. Je ne l'ai pas revue pendant deux ans. Mais il y a un peu plus d'une semaine Kasey l'a engagée. Elle est un des mannequins qu'il a choisi pour défiler avec notre nouvelle collection. J'ai tenté de l'éviter parce que je ne savais pas à quoi m'en tenir, mais hier...

- Vous avez couché ensemble. dit-elle d'un ton coupant.

- Comment est-ce que tu...?

- Il n'y a qu'à voir les regards possessifs qu'elle jette sur toi pour deviner qu'elle croit dur comme fer que tu lui appartiens. Tu l'aimes? me demande-t-elle de but en blanc.

- Je ne sais pas....

C'est la vérité, je ne sais pas où j'en suis. Elle est revenue après deux ans d'absence, une absence qui m'a laissé des cicatrices. Je pensais être guéri, être fort, capable de résister. Seulement voilà, le suis-je vraiment?

- Non, je ne sais pas.

- Ne reste pas avec elle, Kyle. Je ne peux pas te forcer, mais c'est un conseil, elle m'a fait un effet désagréable.

- Notre relation n'a rien d'officiel de toute façon.

- Tu l'aimais énormément, n'est-ce pas?

- Ouais...

- C'est elle qui t'a fait du mal.

Je hoche la tête. Elle change soudain de sujet.

- Et Sam?

Je sursaute et demande, un peu sur mes gardes:

- Quoi Sam?

- Ben, comment tu l'as trouvée? Elle est géniale, n'est-ce pas?

- Elle n'est pas banale, c'est un fait et elle a l'air d'être une bonne amie pour toi.

- Oui! Elle est merveilleuse.

Je lui souris.

- Kasey et elle ont l'air de bien s'entendre, dis-je.

- Eh bien, je ne sais pas trop. Sam est plutôt farouche avec les hommes en générale.

Je repense à la façon dont elle a posé sa main sur son épaule. Hum... Dans le doute, changer de sujet.

- Qu'as-tu pensé de Kasey?

- Il est beau garçon, mais c'est un dragueur! s'esclaffe-t-elle. Mais il a l'air gentil.

- Il l'est, mais il a tendance à jouer avec le coeur des femmes, souviens-t-en, des fois qu'il te plairait. Tu as la fâcheuse habitude de t'amouracher de sales types!

- Hé!

Je pose une main sur son ventre doucement arrondi.

- Et comment se porte bébé?

- Bien.

- Et la maman?

- Un peu fatiguée mais heureuse.

- Repose-toi.

Je l'embrasse sur la joue.

- Bonne nuit, Tess.

Je regagne mon appartement, plus pensif que jamais. J'enlève mes vêtements que je laisse à même le sol et entre dans mon lit, complètement nu. De toute façon, je crève de chaud. Je repense à la soirée que je viens de passer et je m'endors avec le souvenir obsédant d'une peau douce et parfumée que j'ai embrassée...

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• Partie 12 • Jordane • Le domaine  posté le dimanche 27 avril 2008 11:30

 

Je regarde Kyle qui s’éloigne de moi pour raccompagner Tess. Il me laisse là, sur ce parking, un peu troublée je dois l’avouer. Je lève la tête, vois le ciel menaçant de tomber à tout moment, pourtant la nuit est chaude, cela laisse donc présumer qu’un orage arrive.

-« Madame, désirez-vous rentrer ? »

-« Oui, monsieur, excusez-moi, j’étais perdue dans mes pensées. Vous pouvez me ramener. Merci. »

-« Bien, madame. »

Dans la Limousine, je repense à cette soirée des plus étranges, mais comparée aux événements de ces derniers temps, après tout ce n’est rien. Je pense à Kyle que Tess affectionne tant, je ne sais pas pourquoi. Il est tout ce que je hais, mais je ne peux pas réellement le juger, car je ne le connais pas. Et pourtant, il m’attire. Mais ça, je sais pourquoi! C’est parce qu’il n’est pas tombé en extase devant moi, et qu’il m'a tenu tête en entrant dans mon jeu, et c’est le premier homme à ne pas m’avoir fait de propositions ou de drague ouverte. Contrairement à son ami Kasey, qui semble pourtant être plus mon style d’homme, mais uniquement sur le plan physique, pas mental, du moins pour le peu que je les connais tous les deux.

Je souris à cette pensée, « il me faut le physique de Kasey mais l’esprit de Kyle, et peut-être qu’enfin j’aurais trouvé l’homme de mes rêves. »

Mais déjà s’élève à travers la vitre, ma demeure.

-« Voilà, madame, vous êtes arrivée. »

-« Merci, monsieur. »

-« Je vous souhaite une bonne soirée. »

-« Merci, vous de même. »

Je laisse à ce chauffeur un pourboire et il part. Je remonte l’allée menant à la maison quand j'entends une voiture roulant dans l’allée destinée aux véhicules. Elle s’arrête à ma hauteur et la vitre côté chauffeur s’abaisse.

-« Bonsoir, charmante demoiselle. »

-« Kasey, que faites-vous ici ? »

-« Je vous ai suivie. »

-« Pardon ? »

-« Vous m’avez fait une forte impression ce soir, et je me demandais vu que j’ai l’air de ne pas vous déplaire, si vous accepteriez de dîner avec moi, un soir ? »

-« Et vous ne pouviez pas me demander mon numéro ou lieu de vous faire passer pour un pervers ? »

-« Si, mais c’est tellement classique, je voulais innover. »

-« C’est réussi! Encore un peu et je sortais mon arme ! »

-« Je vous ai fait peur ? »

-« Réfléchissons, vous me suivez jusque chez moi en pleine nuit, entrez dans ma propriété alors que vous n’y êtes pas invité, et m’avait dévorée des yeux durant toute la soirée quand vous n’étiez pas occupé avec d’autres charmantes femmes, si je ne m’abuse. C’est vrai que c’est un comportement digne d’un gentleman ! »

-« Je vois, je suis démasqué, mais vous l’avez dis vous-même, c’est vous qui avez retenu le plus mon attention ce soir. Et je vois que j’ai retenu également la vôtre, sinon vous n’auriez pas remarqué tous ces petits détails. » Renchérit-il en souriant, signe de sa victoire.

Je lui réponds par un sourire silencieux, mais n’ayant aucun élément pouvant contrer son argumentation, car il a à moitié raison, je réponds simplement :

-« Bonsoir Kasey. »

-« Oh ! Vous capitulez déjà ? »

-« Oui, ne dit-on pas que l’on répond aux imbéciles par le silence? »

Il reste bouche-bée, et je reprends mon chemin.

-« Bonsoir, Kasey. »

Quand je sens une main retenir mon bras.

-« Samantha, je suis désolé, si je vous ai offensée. Là n’était pas mon intention. »

Il est descendu de sa voiture laissant ouverte la portière derrière lui.

-« Je ne suis pas offensée. Je suis loin de l’être, croyez-moi. »

-« Bien, alors dans ce cas, pour le dîner, c’est d’accord? »

Je ris.

-« Vous ne renoncez jamais ? »

-« Pas devant une aussi jolie femme, et pas tant qu’elle ne m’a pas frappé. Quoi que je serais flatté que vous me donniez une fessée ! »

Il attend ma réaction. Je me mets à rire, comme une enfant, et il rit aussi. Il se rapproche d’avantage et cette fois me prend dans ses bras pour m’attirer à lui, et m’embrasse doucement.

Ce premier baiser est agréable, mais déjà quelques gouttes d’eau se font sentir. Comme s’il ne s'en apercevait pas, il continue de m’embrasser, et moi je me laisse honteusement faire. Il est doux, et semble savoir procurer du plaisir aux femmes, car ses baisers provoquent en moi une légère bouffée de chaleur. Tout mon corps est en émoi, et me crie d'arrêter. Mais je ne l’écoute pas, je le serre plus fort et l’embrasse à mon tour, jouant avec sa langue.

Quand l’orage éclate, la pluie se fait sentir d’avantage, la foudre tombe, le tonnerre résonne, je sursaute et Kasey me sourit.

-« Il vaudrait mieux que tu rentres avant d’attraper une pneumonie ! »

-« Oui ! Tu rentres avec moi ? »

Il est surprit par mon invitation, mais prend le temps de fermer sa voiture et m’attrape la main. Ce geste me ramène à la réalité. C'est là que Kyle m'a embrassée, il y a peu de temps... Nous courons les 100 mètres qui nous séparent encore de la maison.

Arrivée devant la porte, pendant une minute de lucidité je lui dis :

-« Kasey, je suis désolée, je ne peux pas ! »

-« Quoi ? »

-« Je t’ai proposé de venir avec moi, mais je ne peux pas, je ne veux pas. Je suis désolée. »

-« Oh ! , Je vois c’est trop tôt, ce n’est pas grave je comprends, je vais rentrer, merci pour ce baiser. »

Il descend l’escalier et s’engage dans l’allée. Je le regarde pendant quelques secondes jusqu’à ce qu’il arrive à sa voiture. Puis je me retourne et ouvre ma porte, je le regarde il est à côté d’elle et me fixe, je lui fais un signe et referme la porte, tout en me collant dos à celle-ci et dégoulinant d’eau sur le tapis. Je pense à voix haute:

-« Mais qu’est ce que tu fais Sam? Tu allumes ce pauvre Kasey jusqu'à l’inviter à faire l’amour avec toi, puis au moment fatidique tu le jette, tu as bien de la chance qu’il ait bien pris la chose ! Tu n’es vraiment qu’une garce ! Regardes-toi maintenant tu as des regrets. »

Je me surprends à rouvrir la porte et y découvre kasey, la main levée et sur le point de sonner.

-« Tu me croyais assez fou pour partir comme ça ? Je ne m’avoue pas vaincu, je comptais trouver une excuse minable pour que tu rouvres la porte… »

Sa phrase reste en suspens, je le coupe et lui dis :

-«Non, j’espérais que tu allais revenir. »

Il met un pied dans le hall et je l’embrasse de nouveau et le tire vers moi, refermant la porte derrière nous, sans cesser de s’embrasser, je le dirige vers l’escalier, nous montons à l’étage, et j’ouvre avec fracas ma porte de chambre, jusqu'à arriver près du lit, et là nous nous regardons enfin. Il me soulève, en m’embrassant et essaie de me poser sur le lit, mais il marche sur ma robe qui se déchire au niveau de l’ouverture de ma jambe l’agrandissant jusqu’au-dessous de mes seins, et nous fait tomber bien plus rapidement sur le lit. Il se redresse me laissant allonger sur le lit, et semble confus.

-« Ce n’est rien Kasey, on pourra faire quelque chose, ne t’en fais pas ! »

-« Non je voulais juste immortaliser ce moment, tu es encore plus belle que je l’avais imaginé. »

Ces mots qui d’ordinaire n’ont aucun effet sur moi, me donnent d’avantage envie de lui. Mais je n’ai pas le temps de penser, je sens ses mains soulevant le bas de ma robe et remonter le long de mes cuisses, laissant à présent voir mes sous-vêtements, et la retirant entièrement pour la lancer à l’autre bout de la pièce. Il m’embrasse alors que je lui retire son tee-shirt et le jette près de ma robe. Il se redresse, dégrafe sa ceinture et retire son pantalon, alors que je retire mon soutien-gorge. Il est déjà nu et se penche de nouveau sur moi retirant mon string, en m’embrassant tout le long de mon corps, il enfile un préservatif. Je me lève :

-« Non, Samantha, ne gâche pas tout. Pas maintenant ! »

Mais je ferme la porte à clés, il est rassuré.

-« Tu avais l’air préparé » Lui dis-je en désignant son sexe en érection recouvert du préservatif.

-« Je sors toujours couvert si c’est que tu insinues, pour le reste tu ne peux t’en prendre qu’à toi. »

On se sourit, et s’embrasse de nouveau. Il m’allonge sur le lit suivant mon mouvement. Il glisse ses mains entre mes cuisses, les encartant pour se glisser entre elles, et il me pénètre d’abord lentement, puis m’embrasse, ce n’est que quand je m’agrippe à lui qu’il accélère son rythme, ce qui me convient tout à fait, car je ne pensais pas être aussi étroite, à moins qu’il ne soit bien monté comme on dit, je n’ai pas vraiment pu le constater dans le noir, car nous sommes simplement illuminés par les éclairs de l’orage qui se fait rare dehors. Il semble même que cette rage nous emporte Kasey et moi, nous laissant aller telles des bêtes, suivant le rythme de la pluie fouettant les vitres aidée par le vent. Cette relation m'a parue bien plus captivante et plaisante qu’avec Tyler ou Lincoln, peut importe à présent qu’il n’est plus là, et je ne peux pas le regretter après tout ce qu’il m’a fait. C’est vrai, il n’était au courant de rien et alors, cela ne suffisait pas pour l’en excuser.

Kasey explose en même temps que moi, et se coucha à côté de moi. Je me lève et vais dans la salle bain.

-« Samantha, tu as une autre salle de bain ? »

-« Oui, au fond du couloir à gauche. »

-« Je peux prendre une douche ? »

-« Bien sur ! »

-« A tout à l’heure alors. »

-« Oui ! »

Nous prenons une douche chacun de notre côté, et je reviens me coucher. J’ai enfilé une nuisette noire ornée de dentelle, avec le peignoir assorti le tout en soie. Kasey me rejoint dans le lit muni de son boxer encore légèrement humide de tout à l’heure.

-« Désolé je n’ai rien d’autre à me mettre. »

-« Tu veux une de mes nuisette peut-être ? »

-« Euh, je ne risque pas d’être trop sexy là dedans, et de courir le risque que tu me sautes dessus encore une fois ? » Me dit-il en souriant, et m’embrassant pour ne pas que j’ai le temps de répliquer.

Il s’allonge sur le lit à côté de moi, il passe un bras autour de ma taille et me rapproche de lui tout en éteignant ma lampe de chevet.

-« Tu semble épuisée Samantha, dors ma belle. »

-« Sam, Kasey, Sam. »

-« Comme tu voudras, Sam ».

Il m’embrasse à nouveau.

-« Bonne nuit ma belle, et avec moi à tes côtés, tu ne peux faire que de beaux rêves. »

Je ris et l’embrasse.

-« Bonne nuit, mon étalon. »

Il rit aussi.

-« Je savais que tu le dirais dès le premier soir, que veux-tu… »

-« Je veux dormir, Narcisse! »

Nous rions encore en nous embrassant. Cette fois je me retourne, lui montrant mon dos, mais me collant contre lui, épousant la position de son corps, et il passe son bras autour de ma taille, posant le mien par-dessus à mon tour. Il me murmure à l’oreille : 

-« Bonne nuit ma princesse. »

-« Bonne nuit, Roméo. »

Je me demande si je tombe amoureuse, ou si j’avais juste besoin de réconfort ce soir après ma déception face à Kyle… Décidément, je suis sensée le haïr et je pense sans arrêt à lui… Je ne pousse pas plus loin mes pensées cette nuit-là, car nous devons être épuisés. Cinq minutes plus tard nous dormons tous deux à points fermés.

Les rayons du soleil envahissent toute la chambre, et je m’éveille me demandant si j'ai rêvé ou pas, mais en bougeant je sens un bras sur mon dos, je tourne la tête, Kasey est aussi allongé sur le ventre, la tête tournée de l’autre côté et les bras écartés: un sur moi, l’autre retombant vers le sol. Je vois son dos, il est plein de griffes toutes boursouflées. Je chuchote :

-« Dis donc! Nous n’y sommes pas allés de main morte. »

Je n’ai toujours pas acheté de nouveau réveil et je n’ai pas l’heure. Maria n’est sûrement pas venue me réveiller parce que nous sommes dimanche. Elle ne vient plus, je lui donne ses journées. Ainsi, elle ne risque pas de voir Kasey.

Je me tourne et me redresse pour m’asseoir en essayant de ne pas trop faire bouger le lit. Mais trop tard :

-« Bonjour beauté. »

-« Bonjour. Bien dormi ? »

-« Oui, et toi ? »

-« Oui. »

Il s’assoit près de moi et me donne un baiser.

-« Alors as-tu fais de beaux rêves ? »

-« Je ne sais pas, je ne m’en souviens pas. »

-« Moi, non plus. Quelle heure est-il ? »

-« Je ne sais pas, je n’ai plus de réveil. »

-« Il a succombé à cette nuit ou… »

-« Arrête de te croire responsable de tout, bien sûr que non ! Tu es vraiment idiot. »

-« Je dis ça pour plaisanter, détends-toi. »

Il se rallonge et pose sa tête sur mes jambes laissant retomber ses jambes vers le sol.

-« Je n’avais pas remarqué à quel point cette chambre est grande et somptueuse cette nuit. »

Ma chambre mesure 50 mètres carrés, c’est la plus grande chambre de la maison, les 9 autres n’en font que 30. Il me semble que ce fût celle des mes grands-parents. La porte est à l’autre bout de la pièce, mon lit est à baldaquin, de couleur blanc avec des voiles turquoise noués à chaque pied de celui-ci que je ne détache quasiment jamais. Ces deux couleurs dominent entièrement la chambre et de chaque côté du lit, on y trouve une table de chevet blanche avec des lampes turquoise. Au pied de celui-ci se trouve un banc avec dossier sur deux côtés, comme ceux que l’on met près des piscines. Sur la droite, se trouve une immense baie vitrée laissant place à un balcon donnant vue sur le devant de la maison et d’où on peut voir la mer. Il y a largement la place d’y mettre une table mais je n’aime pas que tout les passants voient ce que je fais, c’est peut-être le seul défaut que je trouve à cette maison. Sur le mur face au lit, se trouve mon écran plasma géant et à côté, un placard à chaussure que j’ai entièrement transformé en placard de rangement pour les centaines des films de ma collection. Et sur le mur restant se trouve mon dressing de 7 mètres de profondeurs, ma chambre se situe au fond du couloir, étant la dernière pièce, elle rejoint celle d’en face. Les couloirs font 3 mètres de large. Puis à coté j’ai placé une immense vitrine avec les collections des figurines que collectionnaient mes grands-parents, et que j’ai conservées. Au mur est accroché quelques tableaux auxquels je n’ai pas touché non plus.

-« Ta chambre et immense, mais , il à beaucoup d’espace inoccupé et elle est une peu fade niveau déco. »

-« C’est la seule pièce où je suis rarement, je ne fais qu'y dormir, alors je la garde pour la fin ,il y a déjà bien d’autre pièces à faire passer avant. »

Ca fait 6 mois que je vis ici et au début je ne voulais toucher à rien. Mais depuis 2 semaines, je m’amuse à changer tout de place pour occuper mes pensées suite aux événements qui m’ont frappé.

-« Mais, ça fait combien de temps que tu vis ici ? »

-« Je suis arrivée en ville il y a 8 mois, mais dans la maison je n’y suis vraiment depuis 2 mois, je vivais dans un appartement en ville avant. »

-« Ah ! Je vois et tu as trouvé cette maison meublée ? »

-« Oui. »

-« Tu as changé la disposition ? »

-« Au début je ne voulais pas, mais maintenant je commence oui. »

-« Racontes-moi comment tu l’as découvert, les pièces et tout. S’il te plait. »

Il ferme les yeux et je lui caresse ses cheveux blonds comme un enfant à qui on raconte une histoire.

-« Eh, bien ! Quand je suis arrivé, il avait le couloir qui donne toujours vers le hall, pour arriver sur le salon, mais il y avait un mur qui le séparé de la cuisine, ce fut la première chose que j'ai changée. J'ai fait casser le mur et aménager la cuisine à l’américaine, elle est grande avec des couleurs chaudes, pour rappeler à Maria, ma femme de ménage, les couleurs et la chaleur de son pays d’Amérique latine. Au centre on y trouve une table de travail où l’on peut presque exposer un petit buffet, elle dispose de tas de meubles de rangements, d’un immense frigo, et d’une vitrine remplie de verres de toutes sortes. Puis un meuble surmonté d’un bar, où des tabourets sont placés au-dessous tournent le dos à la salle à manger. Ce changement a agrandi considérablement la pièce et je trouve que c’est plus conviviale. On peut voir tout le monde quand on cuisine et on se sert du bar comme intermédiaire pour les plats. Dans la salle, la table occupe la moitié de la pièce et débouche sur une grande baie vitrée donnant sur la véranda, et se terminant par un immense buffet ou est stockée la vaisselle. La pièce et jaune et beige, et les meubles sont en bois sombre presque couleur ébène. Sur la gauche on peut distinguer le salon, caché à demi par un mur, où le canapé et surélevé, la télévision se trouve en bas d’un minuscule escalier, que l’on ne voit que lorsque que l’on est dans la pièce. Et dans le coin, il y a une chaîne hi-fi ou des baffs sont installés dans toutes les pièces de la maison, cependant on peut les couper, tous les réglages nécessaires sont encastrés dans le mur caché par un tableau, une photo aérienne de la propriété. Le salon est couleur chocolat, et les murs et le reste sont un assortiment de chocolat et de vert anis. »

Je m’arrête un instant, pensant a Tess, se sont les couleurs qu’elle portait hier.

-« Non, s’il te plait, je ne dors pas, alors continue. »

-« Très bien, ensuite on peut voir a la sortie de du salon un escalier qui monte le long du mur et fait une demi-tour pour arriver à cette étage. Sous celui-ci, il y a une porte qui mène dans un sous-sol, qui me sert de garage, on peut y mettre des tas de voitures, une bonne quinzaine de toutes les tailles, et autres véhicules, motos, vélos ou quads. »

-« Il n’y a pas d’autre pièces en bas ? »

-« Si. Je ne te décris qu’une aile, il reste l’autre côté. »

-« Quelle forme a la maison ? »

-« Elle forme un L mais avec l’agrandissement de la piscine et la terrasse, il est plutôt déformé. »

-« Alors continue la bas s’il te plais. »

-« Bon, d’accord, du côté de la baie vitrée, on peut voir la continuité d’un couloir, avec des pièces du coté gauche et du droit il n’y a que des fenêtres, sur 40 ou 50 mètres peut-être, pour laisser voir l’immensité du terrain. Les six pièces étaient toutes des chambres, mais j’ai fait de la première pièce et la plus petite, mon bureau personnel, de la seconde une chambre, la troisième une salle de repos, comme une thalasso thérapie, la quatrième une salle de musculation , la cinquième une salle de jeu pour adultes, et la dernière une salle de jeu pour enfant, avec ordinateurs et tous ce dont des enfants de tous âges peuvent avoir besoin. Face aux deux salle de jeux s’éteint une piscine de taille olympique mais de forme plutôt arrondie, avec deux.. Disons que cela fait comme la forme d’un femme vue de dessus aux niveaux des seins ou des fesses ! »

Kasey sourit.

-« Arrête, de rire, sois sérieuse. »

-« Mais, c’est vrai. »

-« Je te crois, mais ne me mets pas de telles image en tête ! »

-« Bien, chef ! Elle est couverte mais on peut ouvrir le toit, elle est continue par un patio au toit vitrée lui aussi et de forme arrondie, Plusieurs banc comme celui au pied du lit y sont installés, ainsi qu’un canapé pouvant se déplier, afin de s’allonger pour admirer les étoiles. Il y a aussi un mini-bar caché derrière un comptoir, cette pièce et décorée avec la piscine en style hawaïen, comme si nous étions à l’intérieur d’une cabane de paille sur la plage avec la mer, enfin la piscine à côté.

Revenons à la véranda, elle entoure une terrasse, elle est pliable on va dire, que l’on peut ouvrir ou retirer des éléments comme on veut pour avoir la forme que l’on veut. On y trouve également, une table et des accessoires de jardins. La terrasse est en pierre blanches, comme le reste de la maison, ainsi que l’immense escalier qui surplombe et mène à une allée entièrement entourée d’arbres et débouche prés d’un bassin ou sont des poissons sur la gauche, avec une mini-cascade et entouré de fleurs de tous genres, et sur la droite, on trouve un terrain de tennis en hauteur, et une immense cour, disons qu’elle fait presque 10 fois un terrain de football, ou se situe au bout un terrain de cross pour moto et quad en construction, qui sera également souterrain selon les plans, ce terrain et couvert d’arbres et de fleurs. Il y une balançoire, un grand bosquet, une immense cage pour les oiseaux, quelques jeux pour enfants, un toboggan, une maisons dans les arbres, un parcours d’escalade. Tu vois tout ça de la terrasse, vu que tu es surélevé, sauf pour le bassin. Et enfin sur la droite il y une sorte d’entrepôt ou sont stocké tous les outils nécessaire à l’entretien, au jardinage, et au dos de l’entrepôt, la sortie du sous-sol menant dans la grande allée ou tu es arrivé hier, débouchant sur le côté droit de la maison lorsqu’on se trouve face à elle. On retrouve un peu partout d’autres allées pour circuler et faire une balade dans le parc. »

-« Il y a beaucoup de choses pour le enfants… »

-« Oui, ce sont des personnes assez âgés qui vivaient ici.  »

-« Je vois, si c’est fini, monte à l’étage et passe ta chambre. »

-« Alors en haut du grand escalier, tu retrouve un grand hall, ou s’impose un autre immense escalier, et le couloir menant à ma chambre, où se situe sur la droite la première salle de bain, une chambre à côté, ma salle de bain, et en face ma chambre et trois autre à côté de la mienne. Sous l’escalier se situe, une pièce entièrement ronde dont je me sers comme buanderie. A l’étage supérieur, il y a 4 autres chambres et une salle de bain, et une autre ou il n’y qu’une douche, et un cabinet de toilettes. Toutes les toilettes sont situés dans les salles de bains. En haut, Les pièces sont situés de chaque côtés du couloir et des fenêtres sont situés au plafond. Au bout du couloir, la dernière pièce est ronde elle aussi, avec un toit ouvrant, car elle contient un immense télescope, c’est une pièce entièrement consacrée à l’astronomie. Sinon avant de rentrer il y environ 300 mètres afin d’accéder à la maison par la rue, et une allée pour les piétons en plus de celle pour les véhicules, avec une étendue de gazon et un grand saule pleureur juste sur la gauche, nous cachant un peu aux vues des passant, allant à la mer, située au bout de la rue. Voilà c’est finit. Tout connaît tout. »

-« Whaou !! Mais qui pouvait bien vivre ici? Il en fallait du pognon, et toi, simple assistante sociale, tu peux te permettre ça ? »

-« C’est un héritage. Si tu tiens à le savoir. »

Nous discutons de tout ça, pendant, une petite heure, mais je lui épargne les détails sur Tyler, enfin Lincoln, Alexander, et m’abstiens bien de parler du casino aussi ainsi que certains des autres éléments disgracieux de ma petite vie. Nous apprenons à nous connaître, nous parlons de Kyle, de Tess, de Nathan, et même de Colleen.

-« En parlant de Colleen, tu n’étais pas sensé la raccompagner hier soir ?

-« Si, mais elle était tellement en colère après Kyle qu’elle m’a dit de rentrer et elle a appelé un taxi pour se rendre chez lui. Je ne sais pas s’il a passé une aussi bonne nuit que moi. Je pense que la pilule pour Tess est mal passée, elle ne le croit sûrement pas. »

-« C’est possible. »

Quand il me dit :

-« Ce n’est pas le tout de s’éclater au lit, mais il faut aussi nourrir ces envies et ces corps de rêves. »

Kasey, me fait rire, et c’est bien rare, qu’un homme me touche autant surtout un dans son genre, le macho, coureur de jupons mais il sait y faire. Il se lève, et me dit :

-« Sam chérie, pourriez-vous me dire s’il vous serait possible de laver mes vêtements, et me prêter quelque chose ? »

-« Oui, bien sûr, donne moi tes affaires, et va mettre mon peignoir dans ma salle de bain, et rejoins-moi dans la buanderie. »

Deux minutes plus tard, la machine est en route.

-« Puis-je vous faire faire le tour du propriétaire madame ? »

-« Avec plaisir, Monsieur. »

Kasey me fait visiter les pièces de ma maison dans lesquelles nous passons, de la manière dont je lui avais moi-même décrite auparavant. C’est le premier à venir ici, et s’intéresser autant à tout ce qu’elle contient. Il ne semble pas émerveillé, mais plutôt passionné et impressionné.

-« Tu aurais dû faire agent immobilier, si tu aimes tant visiter et faire visiter. »

-« Oui, mais là c’est parce que je suis vraiment impressionné par le domaine. La déco laisse à désirer, et je suis prêt à te donner un coup de main pour ça, quand tu verras mon appartement tout à l’heure, je suis sûre qu’il te plaira. C’est vrai que c’est génial ce bar, pour regarder ma petite amie faire mon petit déjeuner, et oui, un homme un vrai, ne fait rien à la maison ! Femme, j’ai faim ! »

-« Ton appartement ? Tout à l’heure ? »

-« Oui, je vais passer prendre des affaires pour me changer, et passer quand même la journée avec toi. Et on ira faire un tour en ville, voir pour un réveil, s’il y a quelque chose d’ouvert. La nouvelle patronne du centre ne peut pas se permettre d’arriver en retard pour son premier jour demain. »

Comme si Nathan avait entendu, il m’appelle.

-« Allô ! »

-« Samantha, c’est Nathan, je ne te réveille pas au moins ? »

-« Bonjour, non ne t’inquiète pas. »

-« Bien, je t’appel à propos d’hier. »

-« Oui. Je t’ écoute. »

-« Je tenais à te dire que j’ai été très touché que tu acceptes le poste, et je voulais te prévenir que mon départ en retraire sera sûrement un peu long, nous avons pas mal de papiers à signer pour le centre et autres, et j’aimerai fermer pendant un moment, il y a tellement longtemps que je n’ai pas pris de vacances, et je me sens un peu fatigué ces derniers temps, alors je voulais savoir si ça ne te dérangeait pas qu’on ferme une semaine ou deux ? »

-« Nathan , ce n’est rien de grave j’espère ? »

-« Non, je te l’ai dit, des vacances me feront le plus grand bien, avant les vacances éternelles. »

-« De toute façon je n’ai pas la choix. »

-« C’est vrai, mais je passerai te voir, pour mettre au point ce dont nous avons besoin pour la succession. »

-« Bien , mais passe moi un coup de fil avant, d’accord ? »

-« Pas de problèmes. Passe un bonne journée, ma jolie, à bientôt. »

-« Merci, toi aussi. »

-« Oh ! Sam, j’allais oublier, tu étais sensationnelle dans ta robe hier soir, vraiment.Ca m’étonne que tu sois rentrée seule. »

-« Attention papy, tu es marié rappelles-toi ! Merci Nathan, au revoir à bientôt. Bonjour à Miranda »

-« Bye ! » dit-il en riant.

Je m’assoie prés de Kasey, puis nous déjeunons mais dans le silence cette fois.

-« Tu repense à la nuit d’enfer que tu as passée avec ton étalon ? »

-« Non je réfléchis pour savoir si c’est toi le meilleur coup que j’ai connu ! Mais il me semble que tu sois bien loin derrière ! » rétorque-je en me levant pour débarrasser.

Il se lève et me coure après, je pose le tout dans l’évier quand il arrive vers moi en courant. Je contourne la table de travail et cours dans la maison, il me suit en hurlant :

-« Viens ici parce que si je t’attrape tu risques bien pire. Alors autant te laisser faire, et tu verras ! »

Nous arrivons près de la piscine, et au bout c’est la fin de la maison je n’ai plus d’échappatoire, je cherche mais rien, je m’arrête et lui fais face, il s’est arrêté de courir lui aussi, je marche à reculons et lui s’avance vers moi.

-« Oh ! regardes dehors, il y a ballon dirigeable. »

-« Sur la plage c’est fréquent surtout avec un temps superbe comme celui-ci. »

-« Oui, mais il y a un message important, un avis de tempête je crois, tu ne me laisse pas le temps de le lire. »

-« Quoi ? »

Il se retourne et je me place à côté de lui, le regarde et lui souris, il est dos à la piscine à présent et je suis en position de force.

-« Mais qu’est-ce que tu racontes, c’est juste pour….Pourquoi tu souris comme ça ? Oh ! Sam n’y pense même pas ! »

-« Trop tard ! »

Je le pousse et il chute dans l’eau.

-« J’ai gagné Kasey, désolée ! »

Il ne remonte pas.

-« Kasey ! Kasey ! »

Je retire mon peignoir et plonge pour le ramener à la surface, son corps semble sans vie, je le remontre vers le surface, quand il m’attrape et me tire vers le fond. J’ouvre la bouche pour hurler mais avale de l’eau et m’étouffe sous le coup de la surprise. Il s’en rend compte et me remonte.

-« Sam, je suis désolé, je ne voulais pas te faire peur, ça va ? »

Reprenant mon souffle, je lui lance de l’eau dans le visage et on commence à chahuter dans l’eau comme des gamins. Au bout de cinq minutes, on déclare la paix et nage vers les escaliers.

-« Décidément, à chaque fois que je suis près de toi, tu es trempée ! »

-« Ah ! Ah ! très drôle, la faute à qui ?

-« La tienne, c’est toi qui m’a poussé. »

Il n’a pas totalement tort.

-« Il ne nous reste plus qu’a prendre une douche. »

-« Et si nous allions dans le jacusie de la salle de thalasso? »

-« Je vous suis madame. »

Nous restons un petit moment dans le jacusie à se détendre et s’embrasser et à discuter, Kasey me vanter ses exploits sexuels, le moment que j’apprécie le moins de la journée. 

Puis on monte s’habiller, ses vêtements sont quasiment secs à présent. Il frappe à la porte de ma chambre.

-« Tu es prête je t’emmène visiter mon chez moi ? »

Je n’ai pas le temps de protester que déjà, il m’attrape par la main et on se dirige vers le hall d’entrée. Son appartement était spacieux, beaucoup plus que le mien, et c’est qu’il avait du goût pour la déco, mais je suis surprise de voir la propreté qui y règne.

-« Je ne suis jamais là, du coup c’est toujours impeccable, je ne fais que bosser ou vivre chez de magnifiques demoiselles. »

-« Ca, tu n’étais pas obligé de le préciser. »

-« Je sais, mais si ça peux te rendre jalouse ! »

-« Alors là, même pas en rêve. »

-« Bon je me suis changé, allez viens je t’emmène manger un morceau, il est quatre heure, allons faire un tour en ville c’est à cinq minutes à pied, je t’offre un bon goûter. Une gauffre bien chaude ou ce que tu veux ! Et se soir tu m’offres le dîner. »

Et nous voilà en vadrouille. Il me tient la main dans la rue, des fois que j’ai l’intention de me sauver et il à raison je n’ai qu’une hâte, rentrer, mais sans lui, il s’impose trop vite pour moi, mais je n’arrive pas à lui dire. Je pense qu’il est une solution de secours pour prendre ma revanche sur Kyle...

Il me raccompagne chez moi, je l’embrasse avant de descendre et lui dit.

-« Merci, pour cette belle journée. »

-« Ne me remercie pas, nous avons encore toute la nuit ! »

Je lui dis au revoir, et il sort un sac de je ne sais ou !

-« Bon pas dénicher de réveil, mais cette ballade m’a affamé, qu’est ce que tu vas me faire de bon ? »

Je ne réponds pas, et avance jusque pour ouvrir la porte totalement dépitée.

-« Je vois, tu ne sais pas cuisiner, je savais bien que ce visage angélique cacher une faiblesse ! C’est pas grave tu sais. »

-« Je sais cuisine, je réfléchie à ce qu’il y a. Et ce matin j’ai fait le déjeuner. »

-« N’importe quel imbécile, sait faire chauffer un café, et cuire des œufs ! »

Je brûlais intérieurement, et allais l’envoyer promener quand il m’attrape par la taille et me serre contre lui pour me dire en me regardant droit dans les yeux.

-« Mais, j’avoue que tu es l’imbécile qui m’a fait le meilleur petit déjeuner, qu’on n’ai pu me faire depuis un moment, et quoi que tu me prépare à manger, je suis sûre que se sera parfait, de toute façon je ne me nourris que de toi ! » puis il m’embrasse.

Je fond littéralement, ce mec à le dont de m’exaspérer au plus haut point, je n’ai rien entendu de plus niais que ce qu'il vient de me dire, mais il embrasse comme un dieu. Il me fait perdre la tête.

Il me tape sur les fesses et se dirige au salon, pour s’installer dans le canapé devant la télé, pour regarder un match sur le câble.

Je sors des restes de poulet qui sont dans le frigo et fais une tournée de frites, je n’ai pas très envie de cuisiner. Je fais deux plateau télé, c’est vrai que j’ai faim, moi aussi.

Je le sers comme un pacha, mais il ne faut pas qu’il s’y habitue, car cette mascarade ne va pas me convenir longtemps, je ne suis pas la parfaite femme au foyer !

Je m’assois dans le fauteuil à sa droite.

-« Non, Sam, viens à côté de moi. »

-« Après manger. »

-« D’accord, mais j’allais oublier ça ! Merci »

Il m’embrasse pour me remercier, après tout, il n’est peut-être pas si macho que ça ! Comme promis je m’assoie à côté de lui après avoir débarrassé, il passe son bras autour de mon épaule. Puis je finis par m’endormir contre lui. Le match fini, je sens qu’il me porte à l’ étage et me pose délicatement sur le lit. Je me réveille, et il m’embrasse tout en me caressant les cheveux.

-« Tu veux que je t’aide à te déshabiller ? »

-« M’aider ou me déshabiller ? »

-« Choix difficile, c’est vrai ! »

La nuit fût tout de même moins violente que la précédente, c’était plus romantique cette fois. Demain à mon réveil il ne sera plus là, il travaille. Mais en attendant nous dormons nus l’un contre l’autre jusqu’au petit matin….

 

 

 

 

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• Partie 13 • Naya • Visite nocturne  posté le dimanche 27 avril 2008 11:48

 

Je suis réveillé un peu plus tard dans la nuit par le bruit incessant de ma sonnette d'entrée. Quelqu'un prend visiblement un malin plaisir à s'acharner dessus. Je me lève en pestant tout ce que je peux et enfile mon boxer que je retrouve froissé au pied de mon lit.

- Ouais, j'arrive! Je crie d'une voix ensommeillée.

Les sonneries stoppent enfin. C'est pas trop tôt! J'ouvre la porte avec une expression exaspérée. Mon visiteur entre en trombe et claque la porte. Puis je sens deux poings s'abattre violemment sur mon torse. J'écarquille les yeux en reconnaissant mon "agresseur". Colleen.

- Comment est-ce que tu peux me faire ça? Me hurle-t-elle.

Je retiens ses poignets entre mes mains. Elle sanglote et son mascara qui a coulé sous ses yeux lui donne un air de fragilité et de détresse qui ne me laissent pas indifférent. Je la serre fort contre moi. Autant pour l’empêcher de me frapper que la calmer...

- Te faire quoi, princesse?

- Tu... tu....

- Qu'ai-je fait? Je lui demande avec toute la douceur possible.

- Cette fille, Tess...

Je ne comprends pas, mais alors pas du tout.

- Tess? Je répète, légèrement incrédule.

- Tu me trompes avec elle! Sanglote-t-elle.

Le terme « tromper » est un peu trop fort à mon goût. Que je sache on n’est pas vraiment en couple, on a juste couché ensemble... Les femmes ont vraiment du mal à faire la différence entre un plan sexe et une relation durable. Je me justifie tout de même et tente de m’expliquer.

- Non, jamais de la vie. C'est ma meilleure amie.

- Ca, c'est ce que tu dis! Crie-t-elle d'une voix éraillée.

- Je te promets, Colleen, que je ne te trompe pas.

Elle ne répond pas et renifle bruyamment. J’ai envie qu’elle me croit. Et puis, je ne suis pas d’humeur à supporter une crise de nerfs longue durée! Je pose ma main sous son menton et lui fais relever la tête pour la regarder dans les yeux.

- Je ne te trompe pas. Je lui répète avec conviction et sincérité.

- C’est vrai?  Me demande-t-elle avec la voix d’une petite fille qui croit qu’on lui raconte un mensonge.

Je hoche la tête et pose délicatement mes lèvres sur les siennes. Elle s’accroche à mon cou. Cette crise de larmes l’a visiblement épuisée. Envahi par une vague de tendresse je la soulève dans mes bras et l’emmène jusqu’à ma chambre où je la déshabille, puis lui passe un de mes t-shirts. Dans l’état où elle est je me sens obligé de prendre soin d’elle.

- Je crois me souvenir que tu aimes le chocolat chaud avant d’aller dormir. Lui dis-je avec un sourire en lui caressant la joue.

Elle se blottit contre ma main en fermant les yeux et cette vision me serre le cœur. A quel jeu suis-je en train de jouer avec elle? Je fais comme si j’étais amoureux mais au fond de moi je sais qu’il y a encore trop de doutes, trop de questions qui ne trouvent pas de réponse pour que je sache ce que je ressens. Je la fais s’asseoir sur le lit et lui dépose un léger baiser sur le front avant de lui dire:

- Je reviens.

Ce que je fais quelques minutes plus tard avec une tasse de chocolat chaud et quelques madeleines posées sur une assiette, car je sais qu’elle adore ça. Elle se redresse sur le lit et s’assoit en tailleur. Je pose le plateau juste devant elle.

- Tu n’as presque rien mangé au gala. Tu es si mince, un jour tu vas te briser.

- Je ne peux pas me permettre de peser beaucoup plus que mon poids actuel, tu le sais! Et pourtant tu m’amènes des pâtisseries. ..

- C’est vrai, c‘est très mal de ma part. Donc je peux ranger les madeleines si tu n’en veux pas? Je la taquine en sachant déjà comment elle va réagir, faisant mine de reprendre l’assiette.

- Non! S’écrie-t-elle en riant comme une gamine, en la mettant hors de ma portée.

- Tu ne veux même pas m’en donner une?

- Humm. Ca dépend, qu’est-ce que tu me donnes en échange?

Je repousse une mèche de cheveux frisés derrière son oreille et lui demande:

- Que voudrais-tu en échange?

Évidement, en posant cette question je pense à quelque chose de matériel, elle va sûrement me demander une robe haute couture ou un parfum hors de prix...

- Dis-moi que tu m’aimes.

Je suspends automatiquement mon geste. Alors c’est ça qu’elle attend de moi? Que je l’aime? Merde! Je ne veux lui faire de peine mais je ne veux pas non plus lui faire de faux espoirs.

- Je ne peux pas... Je ne veux pas te mentir et je ne sais pas où j’en suis... dis-je d’une voix mal assurée.

- Je comprends, soupire-t-elle.

Moi aussi j’ai envie de soupirer, je l’ai échappé belle!

Elle pose le plateau par terre et rampe vers moi sur le lit. Elle me plaque doucement contre les draps et monte à califourchon sur moi.

- Tu n’es pas fatiguée?

- Plus maintenant. Et toi? S’enquit-elle en se frottant contre mon sexe à travers le boxer.

Oh, fait des plus étranges, je suis parfaitement réveillé d‘un seul coup!

- Non... Pas fatigué du tout...  je lui murmure d’une voix sensuelle en me redressant pour lui ôter le t-shirt que je lui ai enfilé inutilement quelques minutes plus tôt. Mes yeux se promènent sur ses courbes, que je trouvais si parfaites hier encore... Ce soir, je me dis qu’elle est jolie, mais c’est tout. C‘est pourtant le genre de femme que j‘aime depuis toujours: fragile, délicate et douce... Sa peau est pâle, tellement pâle! Pas comme celle de Sam qui a une peau couleur pêche, un peu dorée... Colleen a une toute petite poitrine, elle manque d’arguments! Quand je pense aux formes généreuses de Sam, à cet endroit sa peau doit être encore plus douce que celle de son poignet... « Holà! A quoi tu penses là, Kyle? Interdiction de penser à l’autre enquiquineuse dans un moment pareil! » Colleen m’enlève mon boxer pendant que je me maudits intérieurement. Je réalise soudain que je suis sur le point de faire l’amour à une fille tout en songeant à une autre. C’est malsain. Je ressens un vague dégoût pour moi-même, ce n’est pas très honnête. Je me reprends brusquement et la repousse un peu pour prendre un préservatif dans la table de nuit que je me dépêche d‘enfiler. Puis, saisissant Colleen par les hanches je la fais basculer sous moi et plaque ma bouche sur la sienne. Rapidement, elle halète sous mes caresses et je glisse ma langue dans sa bouche en même temps que je la pénètre. Mes coups de reins se font de plus en plus puissants et je lui arrache des cris qui me poussent encore et toujours à accélérer la cadence. Soudain en proie à un plaisir fou je n’ai plus conscience de rien et je gémis.

- Sam...

Colleen se fige soudain, plus glacée qu’une statue entre mes bras. Je m’arrête brusquement en réalisant ce que je viens de dire.

- Qu’est-ce... Qu’est-ce que tu viens de dire? Me demande-t-elle, la voix hachée.

Je respire bruyamment et secoue la tête en serrant les dents de frustration.

- Je... suis désolé... Excuse-moi...

C’est tout ce que je parviens à prononcer dans un murmure quasi-imperceptible. Elle me gifle avant de me repousser violemment. Tout ça sans que j‘aie la moindre réaction. Elle se rhabille à toute vitesse et je l’entends claquer la porte en partant. Je me laisse tomber sur mon oreiller en fermant les yeux. Eh bien! J’ai tout gagné ce soir...

- C’est juste un fantasme! Je grogne contre mon oreiller. Un putain de fantasme à la con!

Je suis complètement sens dessus dessous et je finis par m’endormir, complètement épuisé.

Le lendemain, je ressemble plus à un zombie qu’autre chose. En voyant ma tête, Tess insiste pour m’emmener faire un tour parce que, d’après elle, j’ai besoin de me changer les idées. Nous voilà donc vers quatre heures de l’après-midi en train de manger des crêpes bourrées de chantilly et de chocolat en centre-ville. L’après-midi ne s’annonce pas trop mal, j’arrive même à sourire malgré mes préoccupations. On va se poser sur les marches du vieux théâtre de la ville, profitant du vent agréablement chaud qui souffle dans ce milieu d’après-midi.

- Quel orage hier soir!

- Je n’y ai pas vraiment fait attention. Je marmonne en mordant dans ma crêpe tout en prenant garde à ne pas mettre de chocolat sur mon sweat-shirt Levi's dont j’ai remonté les manches jusqu’au coude à cause de la chaleur.

- Tu devais être bien préoccupé, ou occupé tout court pour ne pas le remarquer! Relève-t-elle avec un haussement de sourcil ironique.

- Colleen est venue hier soir. J’avoue dans un soupir.

- Et?

- Elle croyait que je la trompais avec toi.

- Quelle idée ridicule! S’exclame-t-elle.

- C’est ce que je lui ai dit. Je l’ai calmée et je l’ai fait rentrer.

Devant le regard réprobateur qu’elle me jette je me récrie:

- Elle pleurait, Tess. Que voulais-tu que je fasse? Que je la laisse sur le pas de la porte dans l’état où elle était?

- Non, tu as raison. Concède-t-elle. Qu’est-ce qu'il s’est passé ensuite?

- Eh bien...

Je n’aime pas trop l’idée de développer le sujet « ma vie sexuelle » mais bon, je me sens tellement mal que ça ne pourra pas être pire.

- On était en train de faire l’amour quand j’ai prononcé le nom d’une autre femme.

Je ne précise pas de quel nom il s’agissait et croise les doigts mentalement pour qu’elle ne me pose pas la question. Elle ouvre grand la bouche mais ne dit rien. Je sais bien que c’est l’offense suprême pour une femme mais qu’est-ce que je peux y faire?

- Et du coup, avant de filer comme une dératée en claquant la porte elle m’a mis une bonne gifle.

- Aïe...

- Oui, comme tu dis! Je m’exclame en me relevant pour aller jeter le reste de ma crêpe dans la poubelle la plus proche avant de revenir m’asseoir à côté d’elle.

Elle ouvre la bouche pour me parler mais au loin quelque chose semble attirer son attention. Elle tire la manche de mon sweat-shirt et m’indique la rue en face.

- Regarde un peu!

Oh, génial! Kasey se balade main dans la main avec Sam. Il s’arrête en plein milieu de la rue pour l’embrasser à pleine bouche, ce qui n’a pas l’air de lui déplaire car elle s’accroche à lui. Je retiens le rire moqueur qui me monte à la gorge.

- Farouche avec les hommes, hein?

- Je suis choquée... murmure Tess.

- Pourquoi ça?

- Ils ne se connaissent que depuis hier soir, ça m’étonne vraiment de Sam.

- Tess, tu ne la connais pas depuis longtemps non plus. Cette fille n’est peut-être tout simplement qu’une traînée qui cache bien son jeu...

Je ne pense pas un mot de ce que je viens de dire et je sens mon estomac se serrer rien qu’à regarder les deux tourtereaux. Un goût bien amer envahit ma bouche.

- Je t’interdis de dire ça de Sam! C’est une fille bien!

- Si tu le dis. Une fille bien qui se tape un mec dès le premier soir...

- Kyle... me menace-t-elle avec un regard mauvais.

- Très bien je ne dis plus rien!

Je regarde Kasey qui est comme une jeune chien fou. Il aime les jolies femmes et Sam en est une. C’est normal qu’il ait jeté son dévolu sur elle, mais elle aurait pu avoir la jugeote de remarquer qu’il n’est qu’un coureur! Quoiqu’il aura peut-être envie d’être sérieux avec elle? Cette pensée devrait me réjouir: Kasey qui deviendrait enfin sérieux! Et pourtant elle me sape définitivement le moral sans que je comprenne pourquoi... Ou plutôt sans que je veuille me l’avouer. « Sam, tu me poses un sacré problème, tu sais... » me dis-je en la regardant s’éloigner avec Kasey. Au pire, s’il envisage une relation sérieuse avec elle je serais le premier à qui il en parlera. Tess me prend par le bras pour rentrer chez nous, je lui ai promis que je l'aiderais à trier des affaires pour bébé que sa mère et ses sœurs lui ont envoyé. Il y a facilement une dizaine de cartons remplis de layettes.

- La vache! Je comprends pourquoi tu m'as demandé de te filer un coup de main!

- Eh oui, ma mère m'a tout envoyé! N'oublie pas que nous sommes six enfants à la maison...

- Comment vont tes frères et soeurs au fait?

- Ils vont bien! Megan déménage à Londres la semaine prochaine.

Megan est la soeur aînée de Tess, elles sont particulièrement proches.

- Ca doit te faire de la peine qu'elle s'installe ailleurs, non?

- Oui, mais c'est la vie! Et puis il me reste encore Dana, Briana, Anthony et Luke!

D'après mes souvenirs Megan est l'aînée, elle a vingt trois ans, Tess est la deuxième du haut de ses vingt et un ans. Ensuite vient Anthony qui est deuxième année de fac de droit, puis Dana en dernière année de lycée et les petits Luke et Briana, les faux jumeaux de six ans. Une joyeuse petite famille en somme.

- Tu as de la chance, d'avoir une famille aussi nombreuse et unie! dis-je à Tess avec envie.

- Oui, c'est vrai! Il faut dire que maman veille de pied ferme à ce que ce soit le cas.

- Ah, Catlyn est impitoyable!  je pouffe en me rapellant la mère de Tess.

- Tu n'as toujours pas de nouvelles de ta soeur, en parlant de ça? s'enquit Tess.

- Non, pas depuis quatre mois.

- Ne t'inquiète pas, tu sais que Lexie a souvent tendance à disparaître sans laisser de signe de vie et elle réapparaît quand on ne s'y attend pas.

- Et puis c'est une grande fille!  je m'exclame tout en ouvrant un carton.

En général, j'évite de parler de ma soeur, et même de penser à elle. Elle a un caractère qui ne s'accorde pas au mien, c'est quelqu'un sur qui je n'ai jamais pu compter bien qu'elle soit mon aînée de deux ans. En plus il se passe parfois des mois sans qu'elle me donne de nouvelles, elle revient quand elle en a envie. Tu parles d'une grande soeur... Je change de sujet brusquement:

- Tess, comment fait-on pour choisir quels vêtements on garde si on ne sait pas quel est le sexe du bébé?

- Eh bien, grand bêta, tu prends les vêtements mixtes!

- Merci!  je rétorque d'un air vexé. Quand est-ce que tu sauras au fait, si c‘est une fille ou un garçon?

- Hum, attends, j’en suis à dix semaines et je crois que c’est vers la quatorzième semaine que l’on peut savoir en allant passer une écographie.

- Je... Je pourrais t’accompagner? Je lui demande timidement.

- Bien sûr, tonton Kyle! Se moque-t-elle gentiment.

- Géant!

Elle rit devant mon enthousiasme.

- Ah! Pause pipi! Crie-t-elle en se ruant dans les toilettes.

Je dépose un carton dans l’entrée pour le ranger dans un placard quand je vois un carnet posé sur une table, près du téléphone. J’y jette un coup d’œil et je vois « Sam, 1613 Revello Drive ». Ah, elle vit dans le « château » -on l’a appelé comme ça car le terrain et le bâtiment sont immenses - que ses grands-parents ont fait construire... J’y allais souvent avec ma mère pour jouer. Et après sa mort aussi... Isabella, la grand-mère de Sam, m’accueillait toujours avec un grand sourire et des cookies tout juste sortis du four préparés par Maria, une gentille domestique que j‘affectionnais particulièrement et qui me chouchoutait toujours trop. Je me demande d’ailleurs si elle est toujours là-bas? Sam a peut-être licencié le personnel en emménageant. Je secoue la tête en repoussant mes souvenirs et mes questions dans un coin de mon esprit. J’ai grandi, ça appartient au passé tout ça et je ne suis pas près de remettre les pieds au domaine Miller!

Lundi matin. Il fait moche et je suis d’humeur maussade, en plus j’ai une tonne de paperasse à remplir et des chiffres à consulter.

- Salut! Braille Kasey en entrant en trombe dans mon bureau.

- Salut. Réponds-je platement en examinant des dossiers pleins de chiffres barbants.

- Tu vas bien? Tu as passé un bon week-end? Me demande-t-il sur un ton qui sous-entend que c’est son cas.

- Si on veut. Et toi? Je demande avec un faux air détaché.

- Tu ne devineras jamais avec qui j’ai passé le week-end!

- Dis-moi un peu.

- Samantha Miller!

- Ah! Et ?

- Oh mec! Fait-il en se laissant tomber dans un fauteuil qui trône en face de mon bureau.

- Traduction, je te prie?

- C’est une bombe au pieu! Articule-t-il lentement, détachant avec délectation les syllabes, un sourire béat aux lèvres.

Je m’en doutais! J’ai la gorge serrée en pensant qu’il l’a touchée, caressée, qu’il a posé ses lèvres sur sa peau que j’ai à peine effleurée...

- Ah, tu es amoureux?

Je lève discrètement les yeux de mon dossier pour voir sa réaction qui ne me surprend pas: il éclate de rire.

- Kyle, toi et tes sentiments! Bien sûr que non! Mais je compte bien passer de bons moments avec elle!

- Et tu la laisseras quand tu seras lassé, comme tu fais avec toutes les autres, c’est ça? Je marmonne entre mes dents serrées.

Il a des yeux ronds comme des soucoupes.

- Pourquoi es-tu aussi agressif ?

Je me replonge dans ma paperasse en grommelant:

- Je ne suis pas agressif du tout!

- Si, tu l’es! Tu t’es disputé avec Colleen?

Je ne réponds pas.

- Je sais qu’elle est venue chez toi samedi soir.

- Comment le sais-tu?

- Je m’en suis douté, elle était furax après toi.

- Eh bien maintenant elle l’est encore plus!

- Qu’est-ce que t’as fait?

- Un truc pas correct.

- Non? Kyle Laurens, le lover sentimental aurait fait quelque chose de pas correct? Je n’y crois pas! Se moque-t-il.

Je claque violemment mon dossier sur le bureau.

- Ta gueule Kasey.

- Hé, du calme, Kyle. Quoi que tu aies fait je n’y suis pour rien! tente-t-il de m'apaiser avec un tremblement dans la voix.

Je lui lance un regard assassin et lui conseille sur un ton d'avertissement:

- Je crois que tu ferais mieux d’aller travailler.

Il ne demande pas son reste, comme d’habitude, et file dans son bureau. Pff! Dom Juan d’opérette! Ah! Quand il s’agit d’amener une nana dans son lit on joue le malin mais pour le reste! Je me lève et contemple la rue de la baie vitrée. Mes yeux se posent sur une boutique de fleuristes en contrebas. Je croise les bras et pour la première fois depuis deux jours, un vrai sourire naît sur mes lèvres. Je viens d’avoir une idée. J’enfile ma veste et quitte le bureau à toute vitesse, complètement excité et motivé par cette idée que je viens d’avoir. Je pénètre dans la boutique avec l’air d’un demeuré congénital et une jeune fille qui tient la caisse me demande, hésitante:

- Bonjour monsieur, je peux faire quelque chose pour vous?

- Bonjour! Oui! Dites-moi, vos bouquets, vous les livrez à domicile?

- Euh, oui, bien sûr!

- C’est merveilleux!

Elle me regarde d’un air dubitatif.

- Hum, dans ce cas préparez-moi un magnifique bouquet de roses blanches, s’il vous plaît.

Je vois des cartes posées sur un présentoir et en saisit une, elle est rose pâle, simple et raffinée.

- Je vous prends ça aussi!

Je sors mon stylo plume de la poche intérieure de ma veste et écris juste:«  Pardon. K.L. »

Quelques minutes plus tard, la jeune femme revient avec un superbe bouquet parfumé entre les mains.

- Vous convient-il?

- Il est parfait! Je m’exclame avec un sourire ravi.

- A quelle adresse doit-on le livrer?

- 1613 Revello Drive, à Mademoiselle Samantha Miller! Il sera livré aujourd’hui même, n’est-ce pas?

- Absolument!

- Fantastique!

Je règle la note et repars travailler le cœur léger. Je me demande ce que Sam va penser de ça? J’ai décidé de faire de la concurrence à Kasey. Bon, elle m’agace: elle est arrogante, fière, têtue et a la langue bien pendue, mais que ne ferais-je pas pour une fille aussi jolie! Et puis, je dois bien me faire pardonner de l’avoir plantée sur le parking, non? Je me remets à consulter mes papiers, un sourire diabolique aux lèvres.

En fin de journée j’ai besoin de me changer les idées et me rends au Blue Flamingo, mon bar préféré. Je prends place sur un des tabourets du bar. Lenny me gratifie d’un sourire amical et me tend la main que je serre en lui rendant son sourire.

- Kyle! Comment ça va ce soir?

- Bien Lenny et toi?

- Bof, les affaires en ce moment ce n’est pas trop ça!

- J’ai remarqué qu’il n’y avait pas foule, en effet.

- C’est comme ça depuis quelques jours, depuis qu’il y a un nouveau bar qui a ouvert dans la rue d’à côté. Les gens sont attirés par la nouveauté, que veux-tu!

- Oui, mais tu as une clientèle fidèle, Lenny. En tout cas tu restes mon barman préféré! Je m’exclame en lui faisant un clin d’œil.

- Qu’est-ce que tu veux boire, mon ami?

- Un Mexican, s’il te plaît!

- Oh, un cocktail!

- Ouais, est-ce hors de tes capacités, monsieur le barman? Parce que je peux toujours aller au bar de la rue d’à côté! Je le menace en riant.

- Malheureux! Tu l’as dans dix secondes ton cocktail!

Après avoir bu un Mexican, un Tequila Sunrise, un Manhattan et trois whisky-coca, je rentre chez moi... Complètement sâoul! Bon, je tiens encore debout, mais j’ai un sourire débile sur le visage. Dans un éclair de lucidité je me dis que j’aurais peut-être dû manger quelque chose avant de picoler...

- Trop tard! Je fanfaronne à haute voix en zigzaguant un peu sur le trottoir.

Je rentre chez moi et à la place de prendre mes trois pauvres minutes habituelles pour monter jusqu’à mon appartement, j'en mets dix. Je m’effondre sur mon sofa tout habillé. Et j’aurais sans doute passé la nuit à ronfler bruyamment sur ce même canapé dans une pose bien peu sexy si personne n’avait eu la brillante idée de venir sonner chez moi! Visiblement, ça devient une habitude de me rendre des visites en plein milieu de la nuit! La bouche pâteuse, le regard vitreux, je me rends dans l'entrée pour déverrouiller la porte.

- Ooh! Je m’exclame en ouvrant. Quelle surprise!

Il y a des visites nocturnes qui paraissent très agréables... Avec un sourire ressemblant plus à une grimace qu'autre chose j’invite mon visiteur à entrer.

 

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• Partie 14 • Jordane • Gucci  posté le dimanche 04 mai 2008 13:56

 

Kasey se lève pour aller travailler, je l’imagine déjà se vanter au bureau auprès de Kyle à propos de son week-end passé avec moi. Je suis sûre que c’est son genre. Il prend sa douche et moi, à peine réveillée, je pense à un autre homme! Pourquoi Kyle Laurens m’obsède-t-il à ce point ? C’est énervant à la fin ! J’entends Kasey sortir de la douche. Je feins de dormir et le sens venir m’embrasser sur le front en me disant:

-« A bientôt princesse, passe une bonne journée… »

Lorsqu’il s’en va, je me lève et décide d’aller me préparer un petit déjeuner, Maria ne devrait plus tarder mais je peux me débrouiller sans elle. Seulement, en sortant, mon attention est retenue par ma robe encore par terre. Je la prends et constate qu’elle est vraiment bien abîmée, et la pluie a laissé des auréoles dessus. Je soupire puis descends ma robe sous le bras.

-« Bonjour Sam ! »

-« Bonjour Maria » dis-je sans grand enthousiasme.

-« Quelque chose ne va pas ? »

-« J’ai quelque chose à vous montrez. Regardez l’état de ma robe, vous croyez que vous pouvez y faire quelque chose ? »

Elle me sourit, et il me semble que c’est un des ces sourires qui en dit bien long. Quand je réalise soudain qu’elle est déjà là ? Oh ! Non ! Elle a du croiser Kasey ! Je reste de marbre redoutant sa réponse.

-« Serait-ce, ce charmant jeune homme de tout à l’heure qui a mis votre robe dans cet état? » Dit-elle en me souriant, je rougis littéralement jusqu'aux oreilles.

-« Ne soyez pas gênée, c’est tout à fait normal. Je suis contente pour vous, moi, au contraire. Il a l’air d’un type bien, un peu étrange mais bien. En revanche pour la robe, je ne peux pas en dire autant. »

Je la regarde et soupire.

-« Vous, vous avez quelque chose sur la conscience ! »

-« Oh, Maria, je suis perdue. J’adorais cette robe, elle était si belle. Je suis si triste. »

-« Ramenez la à la boutique, peut-être, qu’ils pourront vous conseiller là-bas. »

-« Oui, c’est une idée. »

-« Mais Sam, je ne parlais pas que de votre robe... Qu’est-ce qui vous tracasse ? »

-« Oh ! Ma pauvre Maria, je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires, vous avez déjà bien assez à faire. »

-« Sam, je ne suis pas que votre femme de ménage, je suis votre amie, et vous savez, les amis c’est là pour vous aider. Vous avez le droit d’aller mal vous aussi et d’être aidée. Ce n’est pas que le contraire qui est autorisé ! »

-« Vous avez raison, mais… »

-« Tatata, pas de mais, je suis toute ouïe. »

-« Kasey, l’homme de tout à l’heure… »

-« Oui, je sais, il s’est présenté, et m’a dit, "vous devez être Maria, enchanté". »

-« Vraiment ? »

-« Oui. »

-« Eh, bien c’est un jeune homme que j’ai rencontré samedi soir, et c’est n’est pas dans mes habitudes, mais son audace m’a charmé... mais je crois qu’en fait c’est un autre homme que j’ai vu à travers lui. Jamais je n’aurais dû céder! Je ne sais pas ce qu’il m’arrive, il m’exaspère par sa présence, mais ses baisers et sa douceur me font succomber, pourtant je n’arrive pas à le supporter. »

-« Je vois, c’est compliqué tout ça ! Qui est cet autre homme ? »

-« Un certain Kyle Laurens. »

-« Comment ? Kyle Laurens ! »

-« Oui. Pourquoi ? »

-« Vous parlez du fils de Cristina et Mason Laurens ? »

-« Je n’en ai aucune idée, je ne connais rien de lui. Je sais juste qu’apparemment et selon ses dires sa mère et grand-mère étaient amies. ».

-« Oui, ça ne peut être que lui. »

-« Vous le connaissez ? »

Maria m’explique tout ce qu’elle sait de la famille Laurens, j’en sais presque plus sur la famille de Kyle à présent que sur la mienne.

-« Ce jeune homme, le vôtre, ne serait-ce pas Kasey Winters ? »

-« Si, comment le savez-vous?

-« Il est accro aux jeux et vos grands-parents le connaissaient bien, par le biais de leurs amis, les Laurens et par Marc, c’est un des plus grands joueurs du casino apparemment. Cependant je n’ai pas un bon souvenir à son sujet, et pourtant ce matin , il m’a semblé charmant, comme c’est étonnant, je ne me trompe jamais, il a dû changer. »

-« C’est génial de vous avoir près de moi, Maria, on dirait un service de renseignement à la demande ! Que vais-je déjeuner ce matin ? »

-« Ne vous moquez pas, Sam, je pourrais très bien ne plus rien vous dire. »

Je lui souris, et nous rions, je vais beaucoup mieux grâce à Maria, en plus elle me donne l’occasion de me débarrasser de kasey, il n’a pas encore visité ma salle de jeu.

Une heure plus tard, habillée, je descends et file chez Gucci.

-« Bonjour, pourrais-je voir Tony Foley s’il vous plait ? »

-« Qui le demande ? »

-« Samantha miller. »

-« Restez ici, je vais voir s’il est disponible. »

-« Merci. »

Deux minutes plus tard, Tony arrive avec sa démarche un peu efféminée et la main en l’air. C’est un homme très mince, brun avec de fines mèches retombant devant ses yeux, de taille moyenne, vêtu d’un costume blanc, il me fait penser un peu à Jim Carrey. Mais Il semble moins joyeux que vendredi quand nous sommes venues avec Tess. L’homme à la caisse qui est allé le chercher le surveille du fond du magasin, c’est sûrement le patron !

-« Bonjour, Tony à votre service que puis-je faire pour vous ? »

-« Bonjour, je suis venue acheter une robe, vendredi et… »

-« Je suis désolé, je ne me souviens pas de vous! » Hurle-t-il comme s’il veut que l’homme l’entende mais en me faisant un clin d’œil.

Je prends ça comme un signe d'appel au secours, et joue le jeu.

-« Oh, naturellement, vous ne pouvez pas vous souvenir de toutes vos clientes, mais j’ai été tellement bien servie la dernière fois que je voulais avoir le même hôte. »

-«Je suis flatté, vous désirez donc autre chose, c’est merveilleux ! Suivez-moi, je vais vous montrer nos nouveaux modèles. »

Il se dirige vers les cabines, de cet endroit, le patron ne peut pas nous voir.

-« Oh ! Très chère, désolé pour cette mascarade, mais le patron c’est Julio, vous savez mon homme, alors il s’imagine tout de suite des choses, enfin les hommes vous savez ce que c’est ! Bon zou zou zou, passons! Qu’est qui vous amène ? »

-« Eh , bien ! » Je sors la robe du sac dans lequel je l’ai placé. « J’ai eu un gros problème . »

Tony la regarde avec des yeux écarquillé et la bouche grande ouverte, il est stupéfait.

-« Mon dieu quel désastre ! Mais comment vous avez-fait ! Vous avez pris 50 kilos en une soirée et les avaient reperdu hier. »

-« Euh..Non ! Pas vraiment. » Dis-je légèrement gênée.

-« Ben qu’est-ce que…Oh ! Je vois c’est un vilain garçon c’est ça ? »

-« Oui, plutôt. »

-« Faut pas être gênée, chaton, nous sommes tous des bêtes ! Mais qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse, chérie ? »

-« Je voulais juste savoir s’il y a un moyen de faire quelque chose ? »

-« Non, elle est fichue ! »

Ma déception le fait sourire, je ne sais pas pourquoi. Puis il hurle :

-« Julio, chéri, peux-tu venir près des cabines une minute. »

-« Enfin, Tony qu’est-ce qui te prends d’hurler ainsi dans tout le magasin, il n’y a personne mais enfin… » Il arrête de parler quand il m’aperçoit.

-« T’en fais pas, doudou, c’est une charmante jeune fille, elle ne va pas te manger. »

-« Tony ! Arrête ça tu veux. »

-« Bien, bien ne t’énerves pas, regarde-moi ça ! »

Julio tient la robe du bout de ses mains et admire le désastre avec la même expression sur son visage que son concubin quelques minutes plus tôt. Julio est plus grand et gros que Tony, avec un petite moustache noire, et des cheveux assez long, il me fait penser à une sorte d’Antonio Banderas plus jeune.

-« Ca ne te rappelle rien, Julio ? »

Tous deux se regardent tendrement à présent.

-« Et alors qu’as tu en tête mon Tony ? »

-« Je reviens dans deux minutes. »

Il nous laisse là.

-« N’est-il pas grandiose, mon Tony mademoiselle ? »

-« Si, il semble l’être. »

Tony revient avec une autre robe, la même que la mienne mais neuve.

-« Julio, je veux que tu la vois dans cette robe. Filez en cabine et mettez-moi ça ! »

Je m’éxécute sans discuter. Je les entends chuchoter à voix basse mais je ne comprends pas ce qu’ils peuvent bien se dire. Trois minutes plus tard, j’ouvre le rideau et me place face à Julio et Tony assis sur le grand pouf prévu pour les accompagnateurs.

-« Elle est à croquer, si je n’étais pas homo, je lui sauterais dessus! Tu avais raison mon Tony ! »

-« Tu pense à la même chose que moi, Julio ? »

-« Si, lo penso. »

Traduction, « oui je le pense », Julio est un italien et Tony un pur américain mais leurs deux styles se mélangent si bien!

-« Sam, chérie, Julio et moi vous offrons cette nouvelle robe ! »

-« Quoi ? Il n’en est pas question ! Je ne suis pas venue là pour ça ! »

-« Jeune demoiselle, vous savez ce que ça fait de mettre un italiano en colère ! »

Julio me fait peur, mais il se met à rire avec Tony, et ils m’expliquent pour quelles raisons il me donnent cette robe. Ils me précisent qu’ils n’ont jamais fait ça auparavant, et que je leur semble être un bon investissement. Je suis obligée d’accepter, mais je leurs assure qu’ils auront très vite de mes nouvelles, pour que je puisse les en remercier. J’ai rarement rencontré des commerçants aussi gentils et sympathiques, je me demande même si ça existait avant ces deux-là.

 Je trouve que ces derniers jours j’ai vraiment trop de chance.

En rentrant Maria me signale que Kasey m’a appelée déjà deux fois, et qu’il attend avec impatience que je le rappelle.

-« Merci Maria. »

-« Je vous prépare votre déjeuner. »

-« Merci je le prendrai dans la véranda après mon coup de fil, le temps est superbe. »

Je prends le téléphone et vais vers la piscine pour en ouvrir le toit, j’ai l’intention de me prélasser un peu après manger.

-« Bureau de messieurs Laurens et Winters, j’écoute. »

-« Bonjour, je rappelle monsieur Lau…euh monsieur Winters comme prévu, je suis Samantha miller. »

Qu’est ce que j’allais dire? Kyle Laurens! Il me traverse encore l’esprit. J’aurais dû m’en douter puisqu’ils sont associés.

-« Coucou, ma puce, alors où tu étais passée ? »

-« En ville. »

-« Ah ! Alors, je ne te manque pas trop ? »

-« Non pour l’instant je survis ! »torqué-je.

-« C’est pas gentil ça! Moi je suis mort d’ennui, et Kyle est de mauvais poil aujourd’hui, super l’ambiance au boulot. »

-« On pourrait parler d’autre chose que de ton associé, il me sort par les yeux ! »

-« Oh ! Ben dis donc, qu’est-ce que vous avez tous les deux? Dès que je prononce le nom de l’un ou l’autre, c’est comme si vous rugissiez ! »

-« Désolée, c’est juste que….comme je déteste Colleen, et qu’il sort avec elle, je le hais forcément. »

-« Ah ! Oui, ça expliquerait bien des choses ! Bon ma belle, je voulais entrendre ta voix alors, attends une minute….Non, rien je croyais avoir entendu parler à travers ma porte, je pensais que quelqu’un allait frapper. Qu’est-ce tu fais ce soir ? Je t’emmène au restaurant ? »

-« Euh, non, j’ai prévu de voir Tess. »

-« Oh ! Dommage, tant pis. On se voit demain ? »

-« On verra! Bon Maria m’attend pour déjeuner, bonne journée. »

-« Oui, entrez. Ah ! Kyle, je te demande juste quelques secondes. D’accord toi aussi et salue ton amie pour moi, bonne soirée à demain, ma puce. »

Je raccroche, Kyle était dans son bureau et si Kasey avait vu juste, qu’il y avait quelqu’un qui l’écoutait ? Kyle avait peut-être tout entendu, et il voulait mettre fin à ma conversation avec Kasey. Je suis sûre que ce sale type va tout faire pour dissuader Kasey d’être avec moi. Je devrais peut-être le rappeler et lui dire que j’annule ma soirée avec Tess pour être avec lui ? Kyle est là, mais il ne pourra rien dire.

-« Sam, vous venez manger ? »

-« J’arrive ! »

Il faut vraiment que j’arrête, je vais manger un morceau pour penser à autre chose, et ensuite, il faut que j’appelle Tess pour vraiment aller la-bas, et maintenir mon alibi.

Le déjeuner de Maria est succulent, et je décide de l’inviter à se joindre à moi ainsi que John et William, car comme toujours elle en a fait pour tout un régiment. Nous passons un repas agréable.

-« Bon, excusez-moi, je dois passer un coup de fil. »

-« Allô ! »

-« Tess, c’est Sam, je ne te dérange pas ? »

-« Non c’est ma pause déjeuner. »

-« Oh ! Je te rappelle plus tard alors, je ne veux pas te déranger. »

-« Non, ça tombe bien, nous n’avons pas le droit au coup de fil personnel au bureau à moins que cela soit d’une urgence extrême. »

-« Oh ! Je le serai pour la prochaine fois. Dis-moi, je t’appelle car je voudrais passer te voir ce soir ? »

-« Euh…Oui, si tu veux. »

-« Tu es sûre tu semblais hésiter ? »

-« Non, c’est juste que l’appartement est plein de cartons que j’ai n’ai pas fini de ranger même avec le coup de main que m’a donné Kyle. »

-« Ce n’est rien, mais rassures-moi, Kyle ne sera pas là ? »

-« Non ! Pourquoi ? Ah ! Oui, il m’a raconté, vous avez eu une petite altercation samedi soir ! »

-« Oui, c’est ça ! »

Nous continuons de discuter pendant quelques instants, et je finis par être invitée à dîner chez elle ce soir, puis je raccroche.

-« Maria, je suis à la piscine si vous me cherchez. »

-« Bien, Sam. »

Je m’allonge sur l’un des bancs prévus à cet effet, puis je pense à tout ce week-end de folie, puis repense à Kyle. J’en ai assez de penser à lui! Je pique une tête et nage en ne pensant à rien d’autre qu’à me détendre. Je nage une petite demi-heure, et retourne m’allonger pour me faire sécher. D’abord sur le dos pendant une demi-heure, sur le ventre la demi-heure suivante. Je me suis endormie un petit quart d’heure, quand je me réveille, je décide de monter me rhabiller.

On sonne.

-« J’y vais Maria, je suis à côté. »

-« Samantha Miller ? »

-« Oui. »

-« Une livraison pour vous, ce bouquet. »

Je prend le bouquet dans les mains, mais je n’ai pas d’argent à proximité pour le pourboire du livreur.

-« Vous m’attendez une seconde? »

-« Bien sûr. »

Je pose le bouquet sur la table dans le hall et cherche mon porte-feuille et je tire le premier billet qui me vient.

-« Voilà, tenez. »

-« Merci, madame bonne journée. »

-« A vous aussi. »

Je me dirige vers ce bouquet de roses blanches, et lève les yeux au ciel en pensant «Kasey, tu es trop collant ! »

Je vais à la cuisine pour mettre les fleurs dans l’eau. Et vois une carte : « Pardon, K.L. »

K.L... comme Kyle Laurens ! Pardon ? Devrais-je accepter ? Et voilà, le seul moment où je ne pense plus à lui, je reçois des fleurs de sa part. Je monte m’habiller et réfléchis à ce que je vais faire.

L’après-midi presque achevée, je monte me préparer pour aller chez Tess.

-« Bonne soirée Maria, à demain. »

-« Merci, amusez-vous bien ! »

J’arrive chez Tess, elle m’accueille chaleureusement. J’entre lui fait quelque compliment sur son appartement que je ne trouve pas si petit que ça. On s’assoit dans le salon, et commence à bavasser comme des filles.

-« Alors remise de samedi soir, tu n’est plus malade ? »

-« Mes nausées se passent, mais à ce stade da ma grossesse c’est à tout à fait normal. »

-« Tant mieux, j’étais inquiète quand même, je voulais en être sûre, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je suis venue te voir ce soir. »

-« Ah ! Tu semble si sérieuse, ce n’est rien de grave au moins ? »

-« Non, ne t’inquiète pas. J’ai juste besoin de te parler, et je pense que tu es la meilleure personne à qui je peux m’adresser. »

-« Je t’écoute. »

Je lui raconte la fin de soirée quand elle et Kyle m’ont laissé sur le parking, et la partie avec Kasey.

-« Je ne comprends ce qui m’a pris avec lui, ce n’est vraiment pas dans mes habitudes surtout dès le premiers soir! On dirai juste qu’avec lui tous mes principes s’envolent. Seulement... Je ne sais pas si à cause de lui ou de Kyle ! »

-« Kyle ? » S’exclame-t-elle avec surprise.

De ce fait, je lui raconte à nouveau tout, depuis samedi jusqu’au bouquet de roses de cet après-midi.

-« J’avoue que là je suis surprise, Kyle ne m’a pas touché un mot de cette histoire malgré notre après-midi passée ensemble hier. »

-« Oh ! Eh bien ! C’est sûrement parce que c’est un homme, ils ne comprennent pas les choses comme nous ! » dis-je avec un sourire stupide sur le coin des lèvres.

Je ne sais pas quoi dire d’autre après tout.

-« Non, Kyle n’est pas comme ça, crois-moi je le connaîs bien. Hier il semblait troublé, il a eu une nuit forte en émotions samedi, mais je ne peux pas t’en dire plus sinon il me tuerait forcément. Par contre ce que je peux te dire, c’est qu’hier nous étions en ville, et on vous a vu avec Kasey, il semblait d’autant plus dépité, mais je ne sais pas pourquoi. »

-« Oh, vraiment ? »

-« Oui, et moi aussi j'ai été surprise de le voir avec toi, te connaissant, surtout un type comme Kasey. »

-« Pourquoi, un type comme lui, qu’a-t-il de spécial ? »

-« C’est un coureur de jupons, Sam ! »

-« Oui, mais je ne sais pas. Il est bizarre., il aime se vanter mais en même temps il est si doux et protecteur envers moi que j’ai du mal à le voir avec un tas d’autres femmes. Il a tenu à me faire visiter son appartement, il m’a appelé aujourd’hui et voulait que l’on dîne en tête à tête ce soir. »

-« Whaou, on dirait que tu parles d’un autre Kasey ! Kyle et toi avez une vision bien différente de lui. C’est drôle. Oh ! mais en parlant de dîner, il faut que je retire mon plat du four, je reviens tout de suite. »

Tess me laisse seule, encore plus perturbée qu’avant que je lui rende visite. Je la considère comme ma meilleure amie à présent mais elle ne m’est d’aucun secours, il faut que je me débrouille seule sur ce coup. Je la rejoins dans la cuisine, et elle décide que nous pouvons dîner. Pendant le repas je change de conversation, et nous passons un bon dîner, à rire et se connaître d’avantage.

-« Je voulais savoir, j’aimerais organiser une journée chez moi dimanche, pour fêter ma promotion et inviter quelques personnes, principalement des gens qui m’ont aidés ces derniers temps, et des amis, tu es la première à qui j’en parle et étant concernée je voudrais avoir ton avis ? »

-« Je pense que c’est une bonne idée, si le temps si prête, mais vu que nous venons de passer à l’été, et avec le superbe temps du moment, j’imagine que se sera parfait. »

-« C’est vrai, tu trouves ? »

-« Oui. »

-« Bien je vais voir ça avec Maria, et…Kasey, il voudra sûrement y mettre son grain de sel puisqu’il se considère comme mon petit ami. »

Elle sourit, Je regarde l’heure: déjà onze heures.

-« Je t’aide à débarrasser et faire la vaisselle et je me sauve, tu travailles demain et tu as besoin de repos. »

-« Non, ne t’inquiète pas, je… »

Je ne la laisse pas finir sa phrase et commence à me diriger à la cuisine avec nos assiettes dans les mains, elle capitule donc. Après je l’embrasse et pars. Au rez-de-chaussée de la résidence j'entends un chant provenant de derrière une porte et lève la tête, j'aperçois les boîtes aux lettres des résidents. Un nom attire mon attention: « Kyle Laurens », n°42. Je me retourne et reviens sur mes pas. Je monte jusqu'au quatrième étage, appartement 42. Ma main appuie sur le bouton et j’entends la mélodie de la sonnette retentir. C’est comme si je ne contrôlais plus mon corps, mon cœur bat si fort à l’idée de le revoir. Je me retourne, sur le point de repartir, quand la porte s’ouvre, laissant apparaître Kyle.

-«  Oh! » S’exclame-t’il. « Quelle surprise! »

-« Bonsoir, monsieur Laurens. »

-« Mademoiselle Miller, entrez, je vous en prie. »

Il se recule pour me laisser la place, mais je refuse son invitation. Je sens une odeur d’alcool provenir de sa bouche. Il a bu. Je décide que c’est le bon moment pour me venger, à présent on dirait que c’est quelqu’un d’autre qui a pris le contrôle de mon corps.

-« Non, merci, je ne reste pas. »

Il semble très déçu et se replace dans l’encadrement de la porte, mais en se rapprochant de moi d’avantage. Il est à peine à quelques centimètres de moi, et je sens l’odeur du tabac mêlé à celle de l’alcool. C’est très désagréable, contrairement au parfum qu’il portait samedi soir.

-« Comme vous le désirez, je sais qu’il ne faut pas vous forcer la main. »

-« En effet, je voulais simplement vous dire merci pour les fleurs, et que j’accepte vos excuses car c’est la moindre des choses ! »

-« Vraiment ? Vous êtes juste venue pour ça ? Je pensais que vous étiez venu pour me faire une proposition indécente ! »

Je me rapproche de son oreille et lui murmure :

-« Si c’était le cas, je vous aurais déjà sauté dessus mais vous n’êtes pas vraiment mon style d’homme.»

Je lui donne un baiser sur la joue, me recule et le regarde dans les yeux. Il sourit.

-« Sachez que je ne couche pas avec n’importe quel homme, encore moins avec ceux qui ont besoin de prendre une bonne douche ! Vous en êtes l’exemple incarné ! »

Son sourire s’efface, il vient sûrement de prendre conscience de son état.

-« De plus, mon petit ami Kasey m’attend à la maison ! »

A présent il plisse les yeux et sa mâchoire semble se contracter. De colère ou de frustration? Je ne sais pas. Mais il n’a pas le temps de me répondre. Je tiens ma revanche et pars déjà en lançant:

-« Nous sommes quittes! Bonne soirée monsieur Laurens ! »

Je suis fière de moi, j’entends sa porte claquer. Je suis sûre qu’il n’est pas prêt de m’oublier, et moi non plus…

A présent c’est moi qui ai le sourire aux lèvres, je monte en voiture et rentre, ou une surprise m’attend déjà à la propriété… Kasey. Mon sourire s’efface, mais je n’en laisse rien paraître devant lui.

-« Bonsoir ma princesse, tu me manquais trop ! »

Il m’embrasse et malgré tout, je le laisse rentrer avec moi…


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